Paroisse Colomiers

Jésus es venu nous chercher, lorsque nous nous égarons

Ce récit du premier péché – Adam et Eve qui ont mangé du fruit défendu- est toujours intéressant et actuel. Ce qui est intéressant, c’est que Dieu n’est pas dans la condamnation. Il est dans le dialogue, il cherche Adam qui se cache, il veut savoir pourquoi il n’a pas obéi. Le Seigneur avait posé une limite parce qu’il faut toujours des limites pour ne pas se perdre. La limite, c’est de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, parce que ce domaine est réservé à Dieu. Or Adam l’a fait, et il accuse Eve de l’avoir tenté, Eve accuse le serpent, c’est le cycle de la dénonciation, de la lâcheté aussi : on fait reposer la faute sur l’autre. Dieu dialogue avec l’homme, la femme, le serpent. Il y aura une sanction mais il n’y a pas de rupture. Lorsqu’on est dans la faute, le péché, Dieu nous recherche : « Où es-tu » nous demande-t-il. Il ne veut pas nous laisser dans l’erreur, dans le mal-être.
C’est ce qu’a fait Jésus en se faisant homme. Il est venu nous chercher lorsqu’on s’égare. Pourtant dans l’évangile d’aujourd’hui, c’est lui qu’on accuse d’être Beelzéboul ou Satan. Satan, c’est celui qui accuse et qui divise. Alors que Jésus est venu défendre, avec l’Esprit-Saint, le Défenseur, et rassembler. Les scribes, dans l’évangile, veulent confondre Jésus ; mais c’est Jésus qui les confond. Il expulse les démons et on l’accuse d’être le chef des démons, c’est contradictoire. Non, Jésus est venu chasser ce qui peut dominer le cœur de l’homme, ses passions, son égoïsme… Et il ne les chasse pas par la violence mais par l’amour des personnes, et aussi par le pardon.
Il y a les scribes dans cet évangile qui sont des accusateurs, mais il y a aussi la famille de Jésus qui veut s’emparer de lui. Ils croient qu’il a perdu la tête. Sa famille, ce sont sa mère et ses frères. On pense que Jésus n’avait pas frères, mais que c’étaient ses cousins… Quant à Marie, la mère de Jésus, elle a dû se poser beaucoup de questions sur Jésus et son attitude. Mais nous savons qu’elle est devenue sa disciple, qu’elle l’a suivi jusqu’au pied de la croix. Et sur la croix, Jésus l’a désignée à Jean en lui disant : « Voici ta mère ». Marie reste bien la mère de Jésus et notre mère à tous, mais elle a dû vivre des moments comme celui-là où son Fils l’a décontenancée. Pour Jésus, ceux qui sont sa mère, ses frères ou sœurs, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique.
Jésus est venu unifier chacun dans son cœur en chassant ce qui disperse, il  est venu aussi unifier toute la famille humaine. C’est ce que nous dit aussi St Paul dans la deuxième lecture : Jésus est venu fortifier l’homme intérieur. Il est venu nous promettre un édifice spirituel constitué par toute l’humanité avec ce qu’elle a de meilleur. C’est le Royaume de Dieu qui nous est promis.
Que notre vie de foi nous aide à fortifier notre homme intérieur, et aussi à participer à la construction et à la préservation de notre « maison commune » qui est la Terre selon l’expression du pape François. L’arbre de la connaissance du bien et du mal, c’est une limite qu’on voudrait dépasser en décidant soi-même de ce qui est bien ou mal. Les questions de bioéthique aujourd’hui sont de cet ordre. La vie est à accueillir, elle n’est pas à fabriquer ni à éliminer. Dans ces temps où toutes ces questions nous dépassent, ne nous perdons pas, laissons-nous rejoindre par Jésus ressuscité qui nous recherche et nous demande « où es-tu ? »

Père Jean-Christophe Cabanis

Genèse 3,9-15 ; Psaume 130(129),1-2.3-4.5-6ab.7bc-8.; 2Corinthiens 4,13-18.5,1. ;  Marc 3,20-35.

 

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