Paroisse Colomiers

13ème Dimanche A

Jésus vient d’envoyer ses apôtres en mission et il continue à leur dire des paroles fortes. J’ai noté plusieurs mots qui ont beaucoup de poids.

L’amour est le premier mot important. Il s’agit de bien aimer. Et pour bien aimer ses proches, il faut avant tout aimer Jésus. Plus on l’aimera, mieux on aimera les siens. Mais si on fait le contraire, qu’on aime ses parents, ses enfants ou ses proches plus que le Christ, alors la qualité de cet amour familial est moins bonne, malgré toute la bonne volonté et la force des sentiments.

Il y a aussi le mot digne qui revient dans la bouche de Jésus : « digne de moi ». La dignité humaine doit être au cœur de nos préoccupations et de nos engagements, que ce soit dans la société, dans l’église, dans nos familles,… Mais ce que nous dit Jésus c’est que ce qui compte, qui dicte le reste, c’est d’être digne de lui. Et si on aime mal ou si on ne porte pas sa croix en le suivant, on n’est pas digne de lui. Porter sa croix, c’est accepter les difficultés de la vie, accepter que Jésus nous aide à les porter et que nous-mêmes nous puissions aider à porter les croix de ceux qui souffrent autour de nous. Suivre Jésus est notre dignité parce que notre vie en est transformée, transfigurée.

La vie, qui revient aussi dans la bouche de Jésus, a le sens que nous lui donnons. Et nous l’avons vu dans cette crise du coronavirus que nous n’avons pas fini de traverser. Soit nous subissons ce qui se passe, et c’est vrai qu’il y a de quoi se sentir dépassés, soit nous sommes acteurs et nous pouvons à notre échelle, surtout si nous sommes ensemble, solidaires, influer sur le cours des choses. Jésus nous dit que la vie, c’est lui qui la donne. Il ne s’agit pas de vouloir mener sa vie tout seul, mais d’être capable de la donner, par amour, comme le Christ et avec lui, et d’accéder ainsi à la vie éternelle, à la vie du Royaume de Dieu.

Et puis Jésus parle de l’accueil. L’accueil de l’autre sans condition, parce que dans l’autre il y a le Christ, en particulier dans les plus petits et les plus pauvres.

Dans la première lecture, du livre des Rois, il y a un bel exemple d’accueil. Le prophète Elisée est accueilli par cette femme riche et si bonne et par son mari. Ils ont pourtant leur pauvreté puisqu’ils n’arrivent pas à avoir d’enfants. De l’amitié entre Elisée et ses hôtes, de la qualité d’accueil du prophète va naître une promesse. La promesse d’un enfant à naître, la promesse de la vie. L’accueil permet donc la fécondité.

L’accueil, même avec le geste le plus petit, est suffisant. Jésus donne l’exemple du simple verre d’eau fraîche. Demandons-nous à qui nous avons tendu ce verre d’eau fraîche symbolique durant ce temps de confinement et de déconfinement ? De qui l’avons-nous reçu ?

Nous sommes nous aussi envoyés en mission. Durant cet été, nous devrons être témoins de notre foi par notre baptême dont parle St Paul. L’été s’annonce chaud et nous aurons besoin d’être rafraîchis. Mais c’est surtout à la source d’eau vive de notre baptême et de la Parole de Dieu que nous pourrons nous rafraîchir et partager cette source rafraîchissante et vivifiante. Et sûrement que les rencontres que nous ferons seront autant d’oasis où le Seigneur nous donne rendez-vous. Ayons soif de ces rencontres comme le Seigneur a soif de nous rencontrer au plus profond de nous-mêmes, dans notre dignité d’enfants de Dieu.

P. Jean-Christophe Cabanis

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