13ème Dimanche ordinaire A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

2Rois 4,8-11.14-16a., Ps 89(88),2-3.16-17.18-19., Rm 6,3-4.8-11., Mt 10,37-42.

***************

 

La première lecture est un bel exemple d’échange. Une femme et son mari sont qualifiés de riches et ils offrent le couvert et aussi le gîte à Elisée qui est un prophète itinérant. Il n’a pas de maison à lui, il va là où on l’accueille. Sa richesse, elle est intérieure, c’est celle d’avoir été choisi par Dieu comme prophète, même si ce n’est pas toujours facile d’être prophète.

Il y a donc un bel échange, même si on n’est pas dans le donnant-donnant. Cet homme et cette femme n’ont pas fait un calcul en se disant : ‘’si on accueille Elisée, cela va nous rapporter quelque chose’’. Non, ils sont dans la gratuité. Et c’est de la gratuité que ressort le don : Elisée, au nom de Dieu, va promettre un enfant à ce couple qui n’en avait pas. C’était leur pauvreté. Nous avons tous nos richesses et nos pauvretés, nous pouvons nous enrichir les uns les autres si nous reconnaissons nos pauvretés (et les richesses des autres). Si nous nous accueillons les unes les autres.

Jésus parle aussi de l’accueil dans l’évangile. Et il va plus loin : Il dit que lorsqu’on accueille quelqu’un, on l’accueille Lui. Cela donne une dimension très grande à l’accueil : Si on accueille quelqu’un, il faut penser que c’est Jésus qu’on accueille ! Cela change notre regard sur les autres, notre disposition de cœur. Accueillir quelqu’un, c’est croire que Jésus vient nous visiter. On parle beaucoup de l’accueil des migrants aujourd’hui : Jésus est parmi eux, Lui qui a été migrant en Egypte avec ses parents, étant en danger de mort lorsqu’il était tout petit. Accueillir l’autre comme un frère, une sœur, cela peut nous coûter mais on ne le regrette jamais. On est toujours heureux de donner parce qu’on reçoit beaucoup. Donner un simple verre d’eau fraîche peut suffire, nous dit encore Jésus. Donner le peu que l’on a du moment que c’est pur et que cela rafraîchit l’autre.

Jésus parle aussi de l’amour d’une façon surprenante. Il dit qu’il faut l’aimer plus que ses parents, plus que ses enfants. Pourtant, Jésus n’est pas jaloux, il n’est pas possessif. Mais il est la plus grande référence concernant l’amour. Il nous aime jusqu’à donner sa vie pour nous. Il nous aime en nous pardonnant si on se détourne de Lui. Il nous apprend à aimer. Si on aime Jésus de tout notre cœur, si nous sommes prêts à le suivre, alors nous aimerons mieux les autres. Nous ne serons pas dans un amour ou une amitié de fusion ou de possession, mais dans un amour, une amitié toujours plus ouverts.

Jésus nous dit aussi de prendre nos croix, car nous avons aussi nos épreuves, nos souffrances.  Il ne faut pas les occulter. Jésus nous aide à porter nos croix et nous pouvons nous aider les uns les autres à les porter. C’est notre façon d’aimer. Il nous demande aussi de nous remettre toujours en question : « Qui a trouvé sa vie la perd ». Il ne faut jamais se croire arrivé, mais toujours se demander comment sa vie peut être encore plus donnée. Vivre l’ouverture de la foi avec toutes ses surprises, ses incertitudes. C’est ce que nous dit St Paul dans la deuxième lecture. Être baptisé, c’est mener une vie nouvelle. Demandons-nous tous les jours ce que nous pouvons renouveler dans notre vie. Qu’est-ce que l’amour transforme en nous, en nous éloignant du mal ?

Que notre vie de baptisés nous renouvelle, nous transporte comme dans le Psaume : « L’amour du Seigneur sans fin je le chante… C’est un amour bâti pour toujours… Heureux le peuple qui connait l’ovation ». Merci au Seigneur de nous accueillir dans son amour. Soyons dignes de cet amour, d’une dignité d’enfants de Dieu.

Père Jean-Christophe Cabanis

Publié dans Dimanche, Mots du curé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article