14e dimanche ordinaire, année A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Zacharie 9,9-10.; Ps 145(144),1-2.8-9.10-11.13cd-14.; Romains 8,9.11-13.; Matthieu 11,25-30.

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Aujourd’hui, Jésus s’adresse aux plus petits. Ou plutôt, il s’adresse à son Père comme il a l’habitude de le faire dans sa prière où il le remercie de se tourner en priorité vers les tout-petits. Les tout-petits, Jésus s’occupe d’eux en priorité, il les aide à porter leur fardeau. Il leur propose son joug. Le joug peut faire peur parce qu’on attelait les bœufs qui labouraient leur champ avec un joug qui symbolisait le travail très dur. Il rappelle l’esclavage aussi. Mais Jésus parle d’un joug léger, facile à porter. Être attelé avec Jésus, ce n’est pas souffrir, manquer de liberté, mais au contraire vivre sous le registre de l’amour. L’amour est ce qu’il y a de plus beau, mais ce n’est pas le plus facile. Il a besoin d’être éduqué pour grandir. Être attelé au joug de l’amour de Jésus, c’est apprendre à aimer avec lui, apprendre la patience, la fidélité, le pardon, le don de soi…

A partir de cet évangile, on peut se demander qui sont les plus petits autour de nous, dans le monde d’aujourd’hui. Il y a les enfants, bien sûr, qui ne peuvent pas se débrouiller eux-mêmes. Qui ont besoin de leurs parents, d’adultes autour d’eux pour les éveiller, éveiller leur corps, leur intelligence, leur cœur. Le joug de l’amour, il doit être porté en famille pour vivre ensemble les joies et les peines.

Les plus petits, ce sont aussi les marginaux, les migrants, les sans-papiers, les chômeurs… Ils ont besoin d’un joug de fraternité, d’amitié, pour les aider à avancer dans leur situation. Comment nous atteler à la peine que portent les plus exclus pour que leur fardeau soit moins lourd, qu’ils se sentent moins seuls ?

Mais les plus petits, ce ne sont pas seulement les autres. C’est nous-mêmes aussi et nous connaissons nos limites, nous nous sentons « petits » devant la vie qui est parfois difficile et éprouvante. Quel est notre rapport à Jésus, à l’Eglise ? Est-ce que nous n’essayons pas souvent d’avancer tout seul ou bien sommes-nous solidaires, par la prière, par le travail en équipe, par le partage ? Quel joug de fraternité partageons-nous et avec qui ?

La 1ère lecture du prophète Zacharie parle d’un roi victorieux qui est humble, monté sur un âne. Un roi de paix, briseur de guerre. En ce roi annoncé, nous reconnaissons Jésus, monté sur un âne le jour des Rameaux. C’est lui le roi de paix, vainqueur du mal. C’est lui qui nous propose de prendre son joug. Être attelé à l’amour de Jésus, c’est participer à un monde de paix. Un monde où l’argent et la violence ne sont pas au premier plan. Mais où ce sont le dialogue, l’interreligieux, la justice, le développement, la paix qui sont les objectifs à atteindre.

St Paul nous demande de ne pas être sous l’emprise de la chair mais de l’Esprit. De ne pas être esclaves ou dépendants de nos passions mais d’être libres de la liberté du Christ ressuscité. L’Esprit qui nous fait vivre de la vie de Dieu. Acceptons d’être habités par cet Esprit pour participer à un monde de liberté, d’amour, de justice, où les plus petits ont la première place.

Père Jean-Christophe Cabanis

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Publié dans Dimanche, Mots du curé

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