15ème Dimanche ordinaire, année A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Jésus aimait beaucoup parler en paraboles, à partir d’images qu’il prenait dans la nature. Aujourd’hui, il prend l’image du semeur. Le semeur sème sur des terrains inégaux et les grains poussent ou ne poussent pas. Ensuite, Jésus explique lui-même la parabole et nous comprenons que le grain, c’est sa Parole, et la terre, c’est notre cœur. La graine de la Parole et de l’amour de Dieu est semée largement, mais c’est à nous de travailler notre terre, c’est-à-dire notre cœur. Jésus nous demande de travailler sur nous-mêmes, et l’été est favorable à cela. Demandons-nous si nous nous laissons bien travailler par la Parole de Dieu que nous entendons ou si nous sommes parfois superficiels?    Est-ce que nous sommes des hommes, des femmes, des enfants d’un moment, comme dit Jésus, nous intéressant surtout au présent, ou bien savons-nous enraciner nos décisions dans la prière, dans un engagement profond ?
Avons-nous des pierres dans notre cœur, qui prennent trop de place, nous encombrent, nous empêchent d’aimer ? Avons-nous des ronces qui nous encombrent aussi, nous envahissent, nous empêchent de donner le meilleur de nous-mêmes ? Quels sont les soucis du monde dont parle Jésus qui nous envahissent, étouffent la Parole ? Comment arrivons-nous à aimer pleinement, à donner du fruit dans notre vie, à nous sentir libres sans nous laisser détourner par le Mauvais ?
On peut aussi se placer du point de vue du grain de blé. Le grain de blé ne demande qu’à donner le meilleur de lui-même, à fructifier, car son but est de devenir un bel épi qui, assemblé à d’autres, donnera de la farine puis du pain pour nourrir les hommes. Mais ce pain peut être empêché par le dérèglement climatique et sécher sur place. Il peut être accaparé par les ronces de ceux qui veulent faire du profit grâce à lui. Par le manque de profondeur, de spiritualité aussi qui fait que le Mauvais, comme l’appelle Jésus, peut détourner ce qui est semé ou l’empêcher de pousser.
Isaïe nous aide à garder confiance : la parole de Dieu ne revient pas au Seigneur sans résultat. Croyons que le cœur de tout homme peut être fécondé par le Seigneur. Ne soyons pas dans le jugement envers ceux que nous pensons avoir un cœur stérile, mais essayons au contraire de voir pousser chez les autres la graine d’amour semée en eux. Le Concile Vatican II parle des semences du Verbe qui sont répandues partout dans le monde, et en particulier dans les autres religions. Sachons les reconnaître et les valoriser.
On peut aussi remarquer l’intuition de St Paul qui parle de la souffrance de la Création. Alors qu’il n’y avait pas encore les risques écologiques d’aujourd’hui, St Paul voyait cette fraternité entre l’homme et toute la Création. Si la Création souffre, c’est en particulier à cause des actions de l’homme. Mais elle attend une attitude différente de l’homme pour être sauvée, sa conversion. Commençons par nous convertir pour que notre cœur soit plus disposé à aimer, à voir les richesses de l’autre et non pas ses défauts, à prendre des engagements pour participer à un monde où chacun puisse avoir sa part de pain et vivre de la liberté des enfants de Dieu dans notre Maison commune comme le pape appelle notre terre.

Père Jean-Christophe Cabanis, image https://www.decanord.fr/uploads/cache/view_document/graine-de-parole-guide-animateur.png

Isaïe 55,10-11.; Psaume 65(64),10abcd.10e-11.12-13.14.; Romains 8,18-23 ; Matthieu 13,1-23

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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