Paroisse Colomiers

Notre vie est une marche, une marche collective, en peuple

Nous aurons durant tout le mois d’Août le discours sur le Pain de Vie de Jésus, qui fait suite à la multiplication des pains. Comme si la digestion des morceaux de pain reçus par Jésus a besoin de temps. Jésus a nourri la foule de pains mais c’est le signe d’une plus grande nourriture, plus spirituelle, plus vitale. Jésus renvoie à son Père qui est à l’origine de sa prodigalité, comme il était à l’origine de la manne au désert. Ce n’est pas Moïse qui avait distribué la manne mais bien le Père du ciel. Et aujourd’hui, le Pain venu du ciel est Jésus lui-même, l’envoyé du Père.
Jésus, lorsqu’il voit la foule qui le poursuit, qui le rejoint, il lui donne un ordre qui peut sembler étonnant : il lui dit de travailler. « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle. » Et lorsque la foule lui demande en quoi consiste ce travail, il lui répond que l’œuvre de Dieu, c’est croire en Celui qu’il a envoyé. Le travail qui nous est demandé pour participer à l’œuvre de Dieu, c’est de travailler sa foi. Parce que plus on creuse sa foi, plus on s’ouvre à l’amour de Dieu, et plus nous pouvons aimer nos frères et nos sœurs, et c’est cela l’œuvre de Dieu. Travailler se conjugue au mode actif parce qu’on doit toujours chercher, creuser notre foi et la mettre en application. Mais aussi au mode passif car il s’agit d’être travaillé par l’Esprit-Saint, d’être disponible à sn souffle. C’est Dieu qui travaille en nous si nous le laissons faire.
Jésus en voyant la foule, veut lui faire comprendre quelle est sa véritable faim. Elle n’a pas seulement faim du pain périssable mais du pain de la vie éternelle, et Jésus est le Pain pour que le monde ait la vie. Aujourd’hui, le monde a faim. Il a faim de pain, en particulier dans certains pays, mais il surtout faim de sens et aussi d’amour. Le Pain du Ciel nous rappelle notre identité, que nous sommes des enfants de Dieu. Jésus nous donne le Pain de Vie parce qu’il veut nous introduire dans la vie de Dieu, la vie trinitaire, qui est une vie de communion. Chaque fois que nous posons des gestes d’amour et de communion, nous participons à l’œuvre de Dieu, nous permettons que soient nourris d’amour ceux qui ont faim de l’amour de Dieu.
Le livre de l’Exode nous aide aussi toujours dans notre foi. Notre vie est une marche, une marche collective, en peuple. Elle n’est pas toujours facile mais elle a un but, la Terre Promise qui est pour nous le Royaume des Cieux. Et la manne est pour nous le Corps du Christ, donné en abondance pour que notre cœur soit rempli d’amour. Dans cette traversée du désert, nous pouvons penser à ceux qui souffrent plus que d’autres, les migrants d’aujourd’hui par exemple, migrants économiques, écologiques, politiques. Qui ont faim et soif physiquement mais aussi faim et soif de reconnaissance, d’amitié. Il y a ceux qui traversent des déserts de solitude et de découragement. Nous n’avons pas beaucoup de solutions humaines à proposer mais nous avons le Christ qui nous accompagne et nous guide dans toutes nos traversées. Qui nous transforme aussi : St Paul nous dit de revêtir l’homme nouveau créé par Dieu dans la justice et la sainteté. Sachons rejoindre les femmes, les hommes, les enfants d’aujourd’hui pour leur partager la Pain de la Vie qui nourrit notre cœur. Travaillons aux œuvres de Dieu, à un monde juste et fraternel. Et demandons à Jésus comme la foule : « Donne-nous de ce pain-là toujours ».

Père Jean-Christophe Cabanis
Ex 16, 2-4.12-15, Ps 77 (78), 3.4ac, 23-24, 25.52a.54a, Ep 4, 17.20-24, Jn 6, 24-35

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