18e dimanche ordinaire, année C

Publié le par Père Jean-Noël Anvire

Livre de l'Ecclésiaste 1,2.2,21-23.

Psaume 95(94),1-2.6-7.8-9.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-5.9-11.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,13-21.
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Bien-aimés de Dieu, les textes que nous venons d'entendre, sont des textes qui nous sont très souvent proposées lors des funérailles et des enterrements. Nous les connaissons très bien. Cependant, l'Eglise nous les propose pour notre méditation en ce 18e dimanche du temps ordinaire. Ces textes nous posent les questions suivantes :
  • le plus important pour nous dans la vie ?
  •  le sens du bonheur pour nous ?
A ces interrogations, le livre de Qohéteth ou de l'ecclésiastique répond "vanité des vanités, tout est vanité". Tout n'est que vent, éphémère. A entendre cet auteur, nous dirons qu'il est pessimiste et déçu de la vie. Tout sur terre, tout ce à quoi nous dédions nos pensées, nos rêves, nos forces, nos activités, notre temps, tout n'est qu'éphémère, provisoire, passager. Rien ne demeure intact. Mais bien au-delà de cette image inquiétante de la vie, l'auteur conclut son livre en faisant savoir que seule la recherche de Dieu est nécessaire et donne consistance à toute la vie. Nous voyons qu'il y a là sous cette apparence désespérante, un langage de foi et d'espérance.

Jésus fait écho de manière plus concrète et plus positive de cette façon de voir la vie et le bonheur. Il est interpellé pour résoudre un litige d'héritage. "Maître, dit à mon frère de partager avec moi notre héritage". Il était connu que pour sauvegarder le patrimoine familial en pays juif, les biens devaient revenir au fils ainé, ce qui s'appelle le droit d'ainesse. Probablement, l'ainé refuse de donner la petite part de bien à son frère. Mais, comme nous avons pu le constater aussi, la réponse de Jésus est surprenante : "qui m'a établi juge pour faire votre partage". En effet, Jésus comme à son habitude répond par une énigme, un "mashal" pour nous faire tous réfléchir. Cette parabole est la réponse la plus belle que Jésus puisse donner à l'homme venu le solliciter. Dans cette parabole, Jésus s'adresse aussi bien au frère ainé qu'à l'homme venu demander son intervention.

Le frère ainé ne veut pas partager, il veut tout garder pour lui, il ressemble à l'homme riche de la parabole qui amasse afin de jouir de ces biens. Le riche est insensé et égoïste jouisseur, il parle à la première personne du singulier ; il dialogue avec lui-même, il manque de charité. Pourtant, il oublie que sa vie ne lui appartient pas. Tout peut  lui appartenir, sauf son souffle de vie, dont il n'est pas maitre. "Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu'un, même dans l'abondance ne dépend pas de ce qu'il possède". Le frère ainé est aveuglé par son avoir, son gain. Même la nuit, son cœur  fait la guerre. Il se tue à la tâche pour posséder et amasser. Son égoïsme et son ventre le renferme sur lui-même au point de ne pas voir son frère qui est tout juste à côté de lui.
 
A l'homme qui le sollicite, Jésus veut lui faire savoir à son tour que sa requête est légitime. Toutefois, il lui faut rechercher davantage. Car "voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'amasser en vue de Dieu".

Bien-aimés, l'essentiel pour nous n'est pas la possession des biens ou de l'argent parce que tout cela n'est que de simples moyens mis à notre disposition pour vivre. Ce que Jésus pose comme problème, c'est ce qu'on en fait. Les biens ont peu en avoir autant que nous le souhaitons, à condition qu'ils ne pervertissent pas nos âmes. On se laisse prendre au piège de la sécurité des biens matériels en oubliant le plus important. Les soucis de la vie sont l'apanage de tout le monde. Le pauvre comme le riche, mais le fondamental, ce qui est vital, c'est de se faire "riche pour Dieu".
On devient riche pour Dieu dans la mesure où l'on ne garde pas jalousement pour soi les richesses acquises. Et cela s'entend dans toutes les richesses matérielles, humaines et spirituelles. On devient riche en vue de Dieu lorsque l'on partage et lorsque l'on met nos biens à leur place, c'est à dire celle du service qu'ils nous rendent. Il nous faut prendre conscience qu'il y a dès maintenant d'autres richesses à acquérir, celles qui ne passent pas et qui nous enrichissent de l'intérieur, à savoir : l'amour, l'espérance, la foi, l'intimité avec Dieu, la paix, la patience, la douceur...

Demandons à Dieu de fixer nos regards vers le Christ. Il doit être  le bien unique de notre vie. Il est notre seule richesse, la source du bonheur pour tout homme.
Père Jean-Noël ANVIRE. image http://fontana.f.o.pic.centerblog.net/8a7c95eb.gif

Publié dans Dimanche

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