1er dimanche du Carême, année A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Genèse 2,7-9.3,1-7a. ; Psaume 51(50),3-4.5-6ab.12-13.14.17 ; Romains 5,12-19 ; Matthieu 4,1-11.

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Jésus est tenté parce qu’il est un homme. Il ne triche pas avec sa condition. Il est venu accomplir sa mission en se faisant homme, il ne cherche pas des raccourcis. La vie humaine est faite d’épreuves et Jésus les a traversées. Et il nous aide ainsi à traverser nos propres épreuves. Il y a l’épreuve de la faim. Et nous pensons à tous ceux aujourd’hui qui sont si nombreux dans le monde qui souffrent de la faim. Jésus ne va pas écouter le Tentateur qui veut qu’il change des pierres en pain. Ce serait la facilité. Jésus ne choisit pas la facilité ni la magie. Il sait que le pain provient du travail à la fois de la terre et des hommes. Jésus respecte ce double travail. Ce qu’il saura faire, c’est multiplier les pains, mais il partira bien de pains qui existent, et il les partagera. Et le pain, Jésus le transformera en son Corps. Lui qui a eu faim, c’est Lui qui se donne en nourriture pour nous nourrir. Il nous nourrit par sa Parole et par son Corps. Sachons accueillir ce pain du ciel, ce pain de vie. Il doit être prioritaire dans nos vies par rapport aux tentations matérielles que nous avons tous. Nous voulons toujours plus, alors qu’il ne s’agit pas de consommer, d’accumuler, mais de partager ce que l’on a. C’est aussi l’appel à la frugalité que nous lance notre pape François ainsi que tous les amis écologistes. « L’homme ne vit pas seulement de pain » : A nous d’en être les témoins aujourd’hui.

La deuxième tentation, c’est celle du paraître : Se jeter dans le vide pour que tout le monde nous regarde. Jésus n’est pas dans le paraître, il est dans l’être. Il ne s’intéresse pas à se jeter dans le vide pour rien, mais à monter vers le ciel et à nous élever avec lui. C’est par sa croix qu’il va nous élever. Alors qu’autour de la croix on se moquait de lui, on lui disait de se sauver lui-même, il a fait confiance à son Père qui l’a bien sauvé et nous a tous sauvés, élevés, à sa suite. Nous aussi, nous pouvons être tentés par le paraître. Ou aussi par le désespoir et l’idée de nous jeter dans le vide. Jésus nous dit que ce n’est pas le paraître qui compte mais l’amour. S’aimer soi-même et ne pas s’abîmer. Là aussi nous pouvons être plus sobres dans notre apparence et soigner notre intérieur. Pensons aussi à ceux qui sont désespérés, sachons leur transmettre notre amour, notre fraternité, notre espérance, pour qu’ils aient des sentiments qui les élèvent et ne les précipitent pas vers le bas. Soyons les anges envoyés par le Père pour les aider à traverser leur épreuve.

Et puis le Tentateur entraîne Jésus sur une haute montagne. La montagne qui est pourtant le lieu de Dieu, là où Il se révèle ! Comme la montagne du Sinaï avec Moïse, l’Horeb avec Elie, la montagne où Jésus a fait son long discours, celle où il a été transfiguré… C’est là que Dieu se révèle être un Dieu d’amour et notre Père. Ce n’est pas une montagne pour dominer les hommes mais pour les servir une fois redescendus dans la plaine. Jésus va le repousser : « Arrière Satan ! » Jésus n’est pas venu pour dominer mais pour servir. C’est devant lui et sa puissance d’amour que ceux et celles qu’il va guérir vont se prosterner en le reconnaissant Fils de Dieu. La tentation de pouvoir, elle peut nous guetter aussi. Mais là n’est pas notre mission. A la fin de l’évangile de Matthieu, c’est encore depuis une montagne que Jésus ressuscité enverra ses apôtres pour faire des disciples dans toutes les nations. Pour participer à un monde libre et fraternel.

Attention aux tentations de l’avoir, du paraître, du pouvoir, qui nous guettent tous, et aussi celle du désespoir. Soyons dans l’être, le vivre et l’amour.

La première lecture sur laquelle on pourrait aussi s’étendre, parle de la tentation du savoir. La connaissance c’est bien, il faut s’instruire pour exercer nos différentes compétences. Mais la connaissance du bien et du mal, ce n’est pas nous qui nous la donnons, nous la recevons. Ne prenons pas la place de Dieu. Laissons-le éclairer nos consciences pour exercer notre jugement, avoir du bon sens, le sens du bien et le rejet du mal. Le mal que nous repoussons, nous le repoussons aussi pour le monde. Continuons nos efforts de Carême dans ce sens.

Père Jean-Christophe Cabanis, image http://ekladata.com/-xfO9akqbmZDbNgTISlzF0E_zeg.jpg

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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