Paroisse Colomiers

30ème dimanche du Temps Ordinaire, année C

1ère lecture : Dieu écoute la prière du pauvre (Si 35, 12-14.16-18)

Psaume : Ps 33, 2-3, 16.18, 19.23

2ème lecture : Paul au soir de sa vie (2Tm 4, 6-8.16-18)

Evangile : Parabole du pharisien et du publicain (Lc 18, 9-14)

***

Avec cette parabole Jésus nous présente deux types d’hommes que la société juive opposait : un pharisien, un publicain :

 

  • Les pharisiens au temps où Israël avait eu à défendre leur  identité nationale et religieuse, leur générosité, leur courage, leur vertu avaient suscité l’estime générale. C’étaient les « résistants » de l’époque, et aujourd’hui sous le joug de l’empire romain ils animaient encore la résistance spirituelle.
  • De l’autre côté, les publicains … les romains leur avaient confié la charge de prélever les impôts. Ils imposaient leurs concitoyens en s’arrogeant des « marges bénéficiaires » plus que substantielles. Ils étaient considérés comme des collaborateurs et aussi des voleurs. On ne pouvait que les mépriser, ils ne pouvaient pas être près de Dieu.

Jésus nous met face-à-face un « résistant et un « collabo » en prière au temple

Le 1er est sûr de lui. Il en a assez fait pour avoir une bonne place auprès de Dieu. Il a du mérite, il jeûne régulièrement et donne largement aux pauvres, sans oublier sa conduite morale exemplaire il en rajoute : il ne vole pas, il ne court pas les femmes, il ne joue pas, la justice est son point d’honneur. Bref c’est un modèle, de tout cela il remercie le Seigneur, comme St Paul dans la 2e lecture « il n’a plus qu’à recevoir la couronne de gloire ».

Et voilà qu’à côté, mais au fond du temple, il y a un publicain. Oui, il ramasse les impôts à pour les romains, et alors ? Il faut bien qu’il ait des gens qui accomplissent cette besogne, c’est sûr qu’il aurait dû se passer de ces belles majorations pour sa rémunération … mais ça il n’en parle pas … certes il est tout modeste, il fait même profil bas : « mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis » …

Attendez, au lieu de tambouriner sa poitrine il ferait mieux d’envisager de changer de métier, et pourquoi pas, comme Zachée de rembourser l’argent injustement perçu … Il me semble avoir entendu cette phrase : « ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur … » vous savez la suite.

Alors quel est le principal personnage de cette parabole :

  • Le 1er, celui qui fait le beau dans l’espace sacré ?
  • Ou le second qui se tient à distance, qui voudrait s’efforcer, les yeux baissés, le poing sur la poitrine … ?

C’est l’un ou c’est l’autre ?

Erreur, vous êtes à côté … Cette parabole, ce n’est pas un jeu de piste, mais presque … Quel indice va nous mettre sur la voie ? Tout simplement, ce lieu où passe l’histoire : le temple et le personnage central, l’unique, c’est Dieu lui-même … Il suffit simplement de lire entre les lignes : « quand le publicain rentre chez lui, c’est lui qui était devenu juste et non pas l’autre »

Qui lui a permis de retrouver cette beauté intérieure qu’il avait perdue depuis si longtemps ? Dieu lui-même, ce Dieu fou qui choisit la brebis perdue, les éclopés, ceux et celles que nous avons étiquetés comme exclus, marginaux, pécheurs, méprisés, rejetés.

Que retenir concrètement pour nous aujourd’hui ? Je ne suis pas Dieu, mais si je pouvais avoir un peu de son regard …

Ne pas s’arrêter sur le paraître sur le clinquent, sur la morale, nos certitudes et nos convictions … S’arrêter sur les petites choses qui permettent aux petits, aux pauvres d’avancer. Savoir se faire petit. Dieu écoute la prière du pauvre, c’était la 1ère lecture : « la prière du pauvre traverse les nuées ». Enfin, n’oublions pas la dernière phrase de l’évangile : « qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé »

Abbé Charles de Llobet

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