16e dimanche ordinaire, année A.

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Sagesse 12,13.16-19., Psaume 86(85),5-6.9ab.10.15-16ab., Romains 8,26-27., Matthieu 13,24-43.

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Jésus nous parle souvent du Royaume. Il ne le décrit jamais mais il dit qu’il est tout proche. C’est quand Jésus se rapproche, lorsqu’il se fait homme, que le Royaume est tout proche. Ce Royaume est mystérieux, il est une surprise qui nous attend ; ce que l’on sait, c’est qu’il est de l’ordre de l’amour. Ce sont des richesses intérieures dont il s’agit. Jésus, pour en parler, utilise des images, des paraboles, qu’il choisit dans la nature. Il y a celle du grain de moutarde, cette toute petite graine qui devient un grand arbre où les oiseaux viennent se réfugier. Le Royaume est en croissance, il n’est pas visible, mais ce sont ses transformations qui sont visibles, lorsqu’il grandit. C’est un Royaume qui n’est pas magique, qui n’est pas irréel, au contraire il se confronte au réel. Le réel, c’est qu’il y a du bon grain qui est semé dans notre monde et dans nos cœurs, mais qu’il y a aussi de mauvaises herbes, de l’ivraie, du mal qui ajoute de la souffrance. Nous ne croyons pas en un Dieu interventionniste qui vient arracher le mal de nos existences. Nous croyons en un Dieu qui nous crée libres et qui vient partager nos existences, traverser nos épreuves et lutter contre le mal. La mauvaise herbe, il faut l’empêcher de proliférer. Non pas avec des pesticides extérieurs, mais avec notre volonté, notre foi. Jésus nous aide, dans nos cœurs, à faire les bons choix, à résister au mal.
Et puis il y a la parabole du levain dans la pâte. Invisible lui aussi, pourtant son action est déterminante. Le levain est généreux, il s’intéresse à toute la pâte, et permet à toute la farine de devenir du bon pain. Les chrétiens, nous sommes souvent comparés à ce levain par rapport à la pâte humaine. Nous sommes solidaires de toute l’humanité, nous ne sommes pas à part. Mais nous avons ce rôle, ainsi que tous les croyants, par notre prière, de permettre que l’humanité ait une dimension supplémentaire, celle de l’amour et de la sagesse, pour devenir du bon pain.
La sagesse, elle est évoquée dans la première lecture que nous avons entendue. Elle est évoquée comme une force, la force du Seigneur qui permet la justice, qui passe aussi par le pardon. Nous pouvons demander cette force qui est une anti-violence. Cette force qui est faite de maîtrise de soi et de douceur. Cette force qui est nécessaire pour le Royaume. La force de la persévérance, de la prière avec le concours de l’Esprit-Saint comme nous le dit St Paul. La force de rechercher toujours chez l’autre ce qu’il ou elle a de meilleur. La force de lutter tous ensemble contre le mal par la fraternité, l’engagement, le pardon…
Soyons tous des artisans du Royaume pour que chaque graine humaine devienne une personne debout capable de protéger les autres, à commencer par les enfants et les plus faibles. Sachons aussi contempler toutes les transformations que permet le Seigneur, lui qui nous promet le Royaume de son Père.
Aujourd’hui se termine le chapitre des sœurs de la Compassion qui se passe à Toulouse, où elles ont leur maison-mère. Dans le courant du chapitre, elles se sont définies comme « les glaneuses du Royaume ». Les glaneurs ou glaneuses sont les personnes qui passent après la moisson pour ramasser ce qui est tombé, qui a été oublié. Je trouve l’expression jolie et nous sommes tous les glaneurs ou glaneuses du Royaume : nous devons rejoindre les laissés-pour-compte de la vie, qu’ils ne soient pas les laissés-pour-compte du Royaume ! Sachons relever ce qui est tombé et qui est plein de richesse pour participer à la grande moisson d’amour du Seigneur.

Père Jean-Christophe Cabanis
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Publié dans Mots du curé, Dimanche

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