Paroisse Colomiers

Dimanche de la Sainte Famille

« Vos enfants ne sont pas vos enfants ». Cette belle phrase de Kalil Gibran est bien illustrée par les textes d’aujourd’hui. D’abord Anne, dans la première lecture : Elle sait qu’elle doit la conception et la naissance de son fils Samuel à sa prière. Elle a imploré le Seigneur de lui accorder un enfant, et cette prière a été exaucée. Et ce qu’elle fera en premier lorsque son fils sera sevré, c’est de le présenter au Temple pour que toute sa vie soit consacrée à Dieu. Elle va s’en séparer, elle qui l’aime pourtant autant, mais elle sait que cet enfant appartient à Dieu. Et Samuel sera un grand prophète, plein de sagesse, qui versera l’onction des rois sur la tête de Saül puis de David.

« Vos enfants ne sont pas vos enfants ». Cette phrase va bien aussi à l’évangile d’aujourd’hui. Jésus, né de Marie, adopté par Joseph, est soumis à ses parents. Et pourtant il leur échappe ce jour-là, ce jour de retour du pèlerinage à Jérusalem. Et lorsqu’ils le retrouvent, il leur parle de la maison de son Père en désignant le Temple. Il se sait enfant du Père avant de s’être fait homme et enfant. Nous ne savons pas comment Joseph gère cette situation, lui qui est l’homme juste, il est guidé dans tout ce qu’il entreprend par sa foi et son amour pour Marie et Jésus. Nous savons que Marie médite beaucoup dans son cœur. Elle a la bonne attitude. Depuis le début, c'est-à-dire depuis la visite de l’ange Gabriel à l’Annonciation, Marie est dépassée par ce qui lui arrive, c’est trop grand pour elle. Mais elle accepte, elle a confiance, elle est présente avec tout son amour. Et elle médite. Ce qu’elle ne comprend pas aujourd’hui, elle le comprendra demain, quand tout sera dévoilé, après la mort, mais surtout la résurrection de Jésus. Nous pouvons prendre exemple sur sa méditation. On ne comprend pas tout du mystère de Dieu, mais on peut le méditer.

Jésus a 12 ans lorsque se passe la scène. 12 ans, c’est la pré-adolescence. Ici, c’est l’âge où les enfants préparent la profession de foi. C’est l’âge du collège, où le corps se transforme, où les enfants deviennent un peu plus autonomes par rapport à leurs parents. Jésus, lui, grandissait en sagesse, en taille et en grâce. Il était irréprochable dans son village et avec ses parents. Mais ce jour-là, son escapade aurait pu mériter qu’il soit grondé. Il n’est pas allé dans un lieu dangereux, il est resté dans le Temple où il parlait avec les docteurs de la loi. Il est resté dans la maison de son Père. Jésus prend conscience petit à petit de qui il est. Il prend conscience de sa mission. Il n’est pas seulement venu pour être présent à sa famille. Il est venu pour une famille plus large, pour un peuple. Il prend conscience que son Père du ciel, c’est aussi le Père de tous les hommes et qu’il sera en charge d’annoncer son amour.

St Jean que nous avons entendu dans la deuxième lecture a été un apôtre. Il était le disciple bien-aimé de Jésus. Il a compris que ce qui compte, c’est de nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés. Il nous dit aussi dans sa lettre que nous sommes tous enfants de Dieu et que ce qui nous attend est très grand : « Nous serons semblables à Dieu et nous le verrons tel qu’il est ». Voilà ce qui est incroyable dans l’histoire de l’Incarnation. Non seulement Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ, Jésus prend notre condition humaine, mais c’est pour nous partager sa condition divine ! L’histoire de la famille humaine ne fait que commencer. Elle continuera en Dieu pour la vie éternelle. Cette vie en Dieu elle commence ici-bas. Et la famille est le meilleur vecteur de l’amour de Dieu. Ce sont les familles qui composent aussi l’Eglise. Ayons une attention particulière pour la vie de famille, pour chacun et chacune dans nos familles, les enfants nouveau-nés, les adolescents, les parents, grands-parents, que tous et toutes se sentent aimés(es) et soient invités à connaître la source de l’amour qui est en Dieu. Continuons à prendre modèle sur la Sainte Famille, à lui demander sa protection. Et méditons comme Marie sur tout ce que la vie nous offre et sur Dieu qui nous irrigue de son amour.

Père Jean-Christophe Cabanis

 

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