Paroisse Colomiers

Psaume 129(130) - Près de lui abonde le rachat - Lecture priante

Lecture Priante du psaume du 5ème dimanche ordinaire année A
(Lectio Divina)
Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur.
1. Que dit ce texte ? 2. Que me dit ce texte ? 3. Que vais-dire au Seigneur ? 4. Vivre dans la grâce du texte.
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Psaume 129 (130)
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.
 
J'espère le Seigneur de toute mon âme ; je l'espère, et j'attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.
Oui, près du Seigneur, est l'amour ; près de lui, abonde le rachat. *C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.
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1. Que dit ce psaume ? Le psaume commence par une évocation de "profondeurs" de fautes et se termine par l"abondance du rachat" donné par le Seigneur. Il n'y a aucune commune mesure entre la "profondeur" du péché et l'abondance du pardon, du "rachat"", car près de Dieu est l'amour. Le Seigneur est nommé 7 fois. C'est lui le centre du psaume. Le priant ne s'attarde pas sur les "profondeurs" où il se trouve (son péché, son malheur, sa détresse, etc ) mais il jette vers Dieu un cri d'espérance.
 
Le plan du poème, un mouvement qui passe alternativement de l'homme à Dieu, puis revient à l'homme et retourne encore vers Dieu.
L'homme en prière. Des profondeurs je crie, Seigneur écoute...  que ton oreille se fasse attentive. (l'oreille de Dieu est souvent sollicitée dans les psaumes). L'homme dans sa petitesse.
Dieu. Si tu retiens les fautes. Dieu, sa grandeur, il ne peut pas ne voir que les fautes de l’homme, car que serait-il alors ? Il est "pardon" et cela entraîne chez le priant la crainte de Dieu, c'est-à-dire le respect affectueux. Devant la grandeur de Dieu qui est de pardonner, devant sa Tout Puissance qui est celle de l'amour.  Le pardon et l'amour dont parie de l'être même de Dieu.
L'homme en prière. J'espère le Seigneur. Deux fois l'espérance. J'attends... Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore. Une attente plus forte que celle d'une sentinelle de garde de nuit impatiente de voir se lever le jour... Une bonne définition de l'espérance.
Dieu. L’amour... le rachat (deux fois noté). Parti des "profondeurs" du péché, le psaume  débouche sur la rédemption. Dieu est pardon, Dieu est libération,, Dieu est amour. Il faut l'attendre et l'espérer. L'expérience du pardon vécue par un individu va devenir celle de tout un peuple, Israël. Une conversion individuelle rejaillit communautairement.
 
2. Que me dit ce psaume ? Comment je réagis devant ce psaume, devant cette analyse du psaume que  je vais relire avec Jésus ? Jésus n'a cessé de répéter de mille manières le message du psaume dans les paraboles de la miséricorde qui remplissent le chapitre 15 de saint Luc. La brebis perdue et retrouvée... La drachme perdue et retrouvée... L'enfant perdu et retrouvé... Il y a aussi les gestes de Jésus. La pécheresse pardonnée... Le paralysé pardonné... Zachée pardonné... Le larron sur la croix pardonné.
 
Non seulement Jésus n'a cessé de redire ce psaume, mais il a "été" ce psaume en sa personne. Il a été le cri du pécheur, l'espérance du pécheur, le rachat du pécheur. Je peux m'imaginer être avec lui dans la synagogue de son village, ou aux fêtes de pèlerinage à Jérusalem. "Voici le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés", va-t-il dire le soir du jeudi saint (Mt 26,28). Saint Paul dira : "Celui qui n'avait pas connu le péché, Il l'a fait péché pour nous." (2 Cor 5,21) La parole de Paul est forte : Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché. (Traduction liturgique). La première lecture, d’Ézéchiel : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux... Dans l'évangile du jour, Jésus avant la résurrection de Lazare : Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra
 
Dans un livre tout récent le pape François commente le credo, (journal La Croix du 26 mars 2020, jour de cette chronique) : Je crois à la rémission des péchés. Le pardon est le signe le plus visible de l’amour du Père, que Jésus a voulu révéler dans toute sa vie. Il n’y a aucune page de l’Évangile où cet impératif de l’amour qui va jusqu’au pardon ne soit présent. Même au moment ultime de son existence terrestre, alors qu’il est cloué sur la croix, Jésus a des paroles de pardon :“Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font” (Luc 23, 34). Rien de ce qu’un pécheur qui se repent place devant la miséricorde de Dieu ne peut demeurer sans l’étreinte de son pardon. C’est pourquoi aucun d’entre nous ne peut donner de conditions à la miséricorde. Elle demeure sans cesse un acte gratuit du Père céleste, un amour inconditionnel et immérité. Nous ne pouvons donc pas courir le risque de nous opposer à l’entière liberté de l’amour par lequel Dieu entre dans la vie de chacun. La miséricorde est cette action concrète de l’amour qui, en pardonnant, transforme et change la vie. (Credo. Un commentaire inédit, du pape François et Marco Pozza, Bayard)
 
3. Ma prière. Lire lentement le psaume... Me laisser habiter par son style... Laisser monter en moi les cris d'aujourd'hui, les cris sortant de l’épidémie actuelle... Quel verset vais-je garder pour prolonger mon cœur à cœur  avec le Seigneur ?
Quel écho en moi ce psaume avec Jésus ? Ces paroles du pape ? Je lis, relis, en invoquant l'Esprit Saint.
Paul C.

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