Paroisse Colomiers

20ème dimanche du Temps Ordinaire — Année C

Cet évangile est un peu désarmant. Si Jésus n’apporte pas la paix mais la division, notre foi est un peu désarçonnée. Mais Jésus veut nous bousculer. La paix dont il est question, ce n’est pas la tranquillité. Jésus est venu apporter une paix qui se gagne, qui demande un combat, même si ce combat est non-violent. Jésus prend l’image du feu : il est venu apporter un feu sur la terre. Non pas pour détruire mais pour purifier, comme l’or est purifié par le feu. Si on prend l’image biblique du blé, le feu brûle la paille qui est le péché et cuit le grain et la pâte qui devient du bon pain. Le feu, c’est celui de son amour, un amour brûlant. Cet amour n’est pas tiède, encore moins froid, il est brûlant, chaleureux, et il se communique. C’est ce feu de l’amour et de la purification que Jésus est venu répandre. Il vient pour toucher nos cœurs. Jésus ne souhaite pas la division des familles, il veut la vérité. Dans les familles, il peut s’installer une certaine tiédeur, un repli sur soi. Jésus est venu donner une dimension universelle à la famille. Si nos cœurs sont divisés, il nous aide à trancher, il nous aide à conserver le meilleur et à laisser le moins bon.

Jésus montre le chemin. Il parle du baptême qu’il va recevoir. Il pense à sa Passion et cela le remplit d’angoisse. La paix est à ce prix, au prix du don de la vie. Et les prophètes le savent bien, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Il ne suffit pas de parler au nom de Dieu, d’être des messagers, il faut que sa propre vie corresponde aux paroles qu’on annonce. Jérémie a eu peur lorsqu’il a été appelé à être prophète, il disait qu’il était trop jeune. On comprend sa peur quand on voit ce qu’on lui a fait en l’enfermant dans une citerne pleine de boue. Mais Jérémie a persévéré dans son rôle de prophète et il a aidé son peuple à traverser le drame de l’exil ainsi qu’Isaïe et Ezéchiel. Les prophètes sont souvent martyrs, à toutes les époques. Martin Luther King a prêché la non-violence et le combat contre la discrimination raciale et il est mort martyr. Mais le feu de sa force d’aimer a permis à notre monde de faire un grand pas dans le sens de la fraternité universelle et de la justice.

Nous qui sommes baptisés, et à ce titre nous sommes des prophètes, nous qui sommes des artisans de paix, nous qui croyons en la famille et aussi en la famille universelle car nous sommes tous des frères et sœurs dans le Christ, demandons-nous à quel degré de chaleur est notre cœur. Est-ce que le feu qui l’anime est vraiment ardent ? Comment le raviver s’il est un peu faible ? La Parole de Dieu est un glaive, nous dit St Paul, qui vient trancher dans le vif. Laissons-nous habiter par elle, par son feu. C’est aussi le feu de l’Esprit. L’Esprit nous déplace, il nous envoie toujours plus loin. La rentrée de Septembre n’est plus très loin aujourd’hui. Demandons-nous si nous  avons des déplacements à effectuer, des habitudes à changer. Par rapport à notre monde, quelles sont les paroles que nous avons à apporter, à temps ou à contretemps ? La lettre aux Hébreux nous invite à fixer notre regard sur Jésus. C’est lui qui nous appelle, c’est lui qui nous envoie. C’est lui qui nous aide à le voir à travers les plus petits, ceux qui nous précèdent dans le Royaume de l’amour.

Père Jean-Christophe Cabanis

Jr 38, 4-6.8-10 ; Ps 39 (40), 2, 3, 4, 18 ; He 12, 1-4 ; Lc 12, 49-53

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