Paroisse Colomiers

20ème Dimanche A - Jésus et la femme cananéenne

Nous pouvons pour commencer rendre hommage au Liban parce que Tyr et Sidon que Jésus a visités se situent dans le Liban actuel. Pays meurtri par l’actualité, l’explosion et toutes les victimes, mais aussi les victimes de la crise économique, politique… C’est un pays où la foi est très forte, et où les religions sont en dialogue, en particulier entre l’islam et le christianisme. C’est la seule fois que Jésus quitte le territoire d’Israël. Il entend les cris de cette femme cananéenne comme il entend les cris des Libanais aujourd’hui. Les cris de la femme cassent les oreilles des disciples qui voudraient bien que Jésus la fasse taire rapidement en la satisfaisant pour ne plus l’entendre crier.

Cette femme ne crie pas pour elle mais pour sa fille qui est en grande souffrance. On peut admirer cet amour maternel. Elle est prête à tout pour que sa fille soit guérie, et elle se tourne vers Jésus, elle qui n’est pas juive, car elle reconnait en lui le Sauveur, le fils de David. Cet évangile permet de déplacer les frontières. Pas seulement entre Israël et le Liban et tous les autres pays, mais entre les religions, les confessions. On dirait que Jésus découvre sa propre mission : Il n’est pas venu que pour les brebis perdues d’Israël, mais pour tous les hommes, les femmes et les enfants de par le monde.

Cette femme est remarquable par son amour maternel et sa foi et Jésus la félicite et va guérir sa fille. Elle a une belle répartie avec cette image des chiens qui mangent les miettes sous la table. Elle fait preuve de beaucoup d’humilité en ne réclamant que des miettes et Jésus admire cette humilité, lui qui déclare heureux les plus humbles et les pauvres de cœur.

Cela élargit notre horizon : Nous avons, nous aussi, à dépasser les frontières de nos cercles habituels. Notre Eglise est invitée à se déplacer, à être en sortie, comme nous y invite toujours notre pape François. Nous pouvons être à l’écoute des cris de souffrance que nous pouvons entendre. Souffrance due à la santé, à la solitude, à la misère. Nous pouvons aussi être attentifs aux différentes fois qui peuvent être exprimées. La foi est toujours une recherche de Dieu. Nous qui sommes témoins du Christ qui nous révèle un Dieu d’amour, nous sommes aussi précédés par l’Esprit-Saint chez les personnes comme cette femme Cananéenne qui se tourne vers le Christ sans passer par les disciples. Nous devons avoir cette attitude d’accueil comme le demandait déjà Isaïe en incitant à participer à une maison de prière pour tous les peuples.

Là aussi, cette expression rappelle le vocabulaire du pape qui parle de la maison commune en désignant notre planète. Nous devons en prendre soin tous ensemble. C’est cette grande maison commune qui doit être appelée « maison de prière pour tous les peuples ».

Nous avons à œuvrer pour cette maison commune en la protégeant, en protégeant la Création, mais aussi en la partageant de façon fraternelle. Elle nous est donnée en partage, elle n’est pas réservée à une élite sociale. Elle est réservée à tous les enfants qui naissent à travers le monde, au Liban comme dans tous les pays. La fille de cette femme de l’évangile est guérie par Jésus qui inaugure son Royaume sans frontières. Participons à ce Royaume, à cette maison commune, par notre accueil de tous, en particulier des enfants, par notre attitude de dialogue, notre compassion, notre prière.

P. Jean-Christophe Cabanis

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