Paroisse Colomiers

21ème dimanche ordinaire, année C

Il est question de largesse et d’étroitesse dans ces textes. La largesse de l’invitation à un grand rassemblement jusqu’à Jérusalem d’après Isaïe. Jusqu’à un grand festin dans le Royaume de Dieu d’après l’évangile. Toutes les nations seront invitées, venant de toutes les directions, et ceux qui souffrent, les rescapés, seront les premiers, seront même les ambassadeurs du rassemblement. Pourtant, Jésus parle d’une porte étroite pour être sauvé. Mais la porte étroite ne veut pas dire celle de la sélection. C’est plutôt celle de l’élection. Chacun est appelé à franchir cette porte et Jésus sauve chacun par un rapport personnel. Il l’a dit aussi dans l’évangile de St Jean avec l’image du troupeau. Il dit : « Je suis la porte » pour que les brebis franchissent cette porte et puissent gagner les pâturages. La porte étroite, c’est celle de la relation étroite que nous pouvons entretenir avec le Christ. Lui qui nous connaît chacun par notre nom, qui nous aime, qui connait notre cœur, qui nous connaît par cœur ! La porte étroite, c’est aussi celle de l’exigence parce que l’amour n’est pas facile, il est fait de don, de pardon, d’abandon. Une porte plus large serait celle de la facilité, du conformisme, de la consommation, mais Jésus nous demande d’être des acteurs de notre vie, et pas des suiveurs. Jésus ne reconnait pas ceux qui choisissent cette voie de la facilité, qui est souvent aussi celle de l’injustice.

La lettre aux Hébreux parle à sa façon de la porte étroite. Elle parle de l’éducation. Des leçons qu’un père de famille donne à ses fils pour les corriger. Il ne les corrige pas par méchanceté mais par amour. La facilité serait de laisser faire, d’être laxiste. Ou bien d’être violent. La porte étroite dont parle la foi est celle qui passe par un chemin d’effort et d’amélioration. Elle nous élève comme des parents élèvent un enfant.

Jésus revient, comme Isaïe, à l’invitation qui est faite à toutes les nations au grand festin du Royaume. On viendra de toutes les nations et les derniers seront les premiers. Place aux plus petits, aux plus pauvres.

Aujourd’hui, notre société est mondialisée. Il semble qu’on vienne de partout comme dans l’évangile : du Nord, du Sud, de l’Orient et de l’Occident. Pourtant, nous n’avons pas tous la même direction ni le même destin. Il y a la porte large de la consommation mais elle est au profit d’un certain nombre, souvent du Nord et de l’Occident, et souvent au détriment des plus nombreux, du Sud. C’est ce que l’on peut constater par le rassemblement du G7 qui a commencé en France où les 7 pays les plus riches viennent du Nord et de l’Occident. Espérons que leur souhait de paix dans le monde puisse avoir des avancées. Mais notre monde semble être dans une impasse, en particulier écologique.

Nous savons qu’il y a une porte étroite pour sortir de cette situation, c’est celle de la Croix du Christ. Nous sommes invités à franchir nous-mêmes cette porte étroite qui est aussi celle de la fraternité, de la solidarité. Nous devons désigner cette porte étroite, c’est notre rôle de prophètes. Aller à contre-courant d’un discours dominant, celui de l’économie et de la performance. C’est la gratuité que nous devons vivre, la sobriété, le partage et aussi le service.

Dans le texte d’Isaïe, les frères invités au rassemblement sont portés en offrande. C’est finalement cette attitude d’offrande que nous avons à vivre, en particulier dans nos eucharisties où l’offertoire est ce que l’on offre, le meilleur de nous-mêmes, qui rejoint l’offrande du Christ qui se donne à nous. Qu’avons-nous à offrir pour être les ambassadeurs du Royaume de Dieu ? Quelle place pour la gratuité dans notre vie, pour le don, pour le don de soi ? Est-ce que nous donnons notre vie en offrande ?

Père Jean-Christophe Cabanis

Si 3, 17-18.20.28-29 ; Ps 67 (68), 4-5ac, 6-7ab, 10-11 ; He 12, 18-19.22-24a ; Lc 14, 1.7-14

 

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