Paroisse Colomiers

Crée en moi un cœur pur ô mon Dieu

Dans cet évangile, nous voyons le danger que peut représenter une religion mal comprise et mal appliquée. Une religion, qu’elle soit juive comme ici, chrétienne ou musulmane, contient des écrits, des règles, des prescriptions… Mais il ne faut pas s’arrêter à ces règles parce qu’une religion est avant tout une relation. Une relation avec Dieu qui permet une relation avec les autres, une relation fraternelle si on considère Dieu comme un Père. Jésus l’a souvent redit, c’est l’esprit qui compte, et non pas la lettre. Si on s’arrête à la règle, la religion est creuse. Et elle est dangereuse parce que ceux qui la dirigent deviennent des despotes, alors qu’ils devraient être des serviteurs de Dieu et des hommes. Aussi Jésus est-il très véhément contre les Pharisiens et les scribes qui, au lieu de guider le peuple vers l’esprit de la loi qui révèle un Dieu d’amour, ne semblent s’intéresser qu’à la forme de la religion, aux rites. Et c’est ainsi qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme le Fils de Dieu et la source de l’amour, parce qu’ils sont aveuglés. Jésus, lui, ne s’intéresse pas à l’extérieur, aux purifications des mains, du visage ou des coupes, mais il s’intéresse à la pureté du cœur. C’est le cœur de l’homme que veut rejoindre Jésus. La véritable religion, c’est le cœur à cœur entre l’homme et Dieu. C’est bien le cœur de l’homme qui intéresse Dieu depuis le début. Lorsque David a été choisi pour être roi parmi ses 7 frères, il était le plus petit et pourtant, c’est lui que Samuel a oint de l’huile sainte des rois en disant que « l’homme regarde à l’apparence, mais Dieu regarde au cœur ». Et David sera un roi avec beaucoup de cœur, ami du Seigneur même s’il commettra des péchés. Il s’en repentira en disant dans le Psaume : « Crée en moi un cœur pur ô mon Dieu ». Jésus reprend dans l’évangile le prophète Isaïe qui avait déjà dénoncé que « ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi ».

 

Ces reproches que Jésus fait, nous avons à les entendre pour nous aussi. Notre foi et notre religion, à quel niveau se situent-elles ? Au niveau de règles à suivre ou au niveau du cœur, c'est-à-dire de l’amour ? Les paroles qui sortent de notre bouche sont-elles bienveillantes ou souvent malveillantes ? Quelle est la qualité de notre cœur ? « Crée en moi un cœur pur » : Ces paroles de David doivent être aussi les nôtres. Est-ce que nous nous efforçons d’avoir un cœur pur ? « Heureux les cœurs purs » dit la Béatitude. Il ne s’agit pas de savoir si les autres ont un cœur pur et de les juger, c’est de nous dont il s’agit. Est-ce que nous avons une relation transparente avec le Seigneur, ou est-ce que nous voulons lui cacher des choses ?

 

St Jacques dans la lettre que nous avons entendue, parle de la douceur de la Parole de Dieu qui est semée en nous. Cette Parole, nous devons la mettre en pratique en nous préoccupant des plus faibles, en particulier des orphelins et des veuves. Là aussi, nous pouvons nous demander si notre foi est féconde, si elle nous porte vers les autres. Si c’est le cas, nous pouvons constater que cela nous rend heureux, comme les Béatitudes l’annoncent : « Heureux les cœurs purs… les miséricordieux… les artisans de paix… » Le bonheur doit être la boussole de notre cœur. Chaque fois qu’on ne ressent pas cette paix intérieure, on peut se poser la question si notre relation avec Dieu, avec les autres, avec nous-mêmes, est bonne.

 

Le pape, suite aux abus dans l’Eglise, dénonce de façon étonnante le cléricalisme. Le cléricalisme existe lorsque les clercs ou ceux qui dirigent l’Eglise prennent les décisions à la place des fidèles, les empêchent de grandir et d’être eux-mêmes, les enferment. C’est toute l’Eglise qui doit se demander si elle est centrée sur elle-même ou si elle est tournée vers les autres, ouverte sur le monde, vers ceux et celles qui ont faim et soif de la Parole de Dieu aujourd’hui. Allons-nous assez vers le monde des jeunes par exemple ? Soignons notre cœur en faisant le plein de l’amour de Dieu, et que cet amour déborde de notre cœur.

Père Jean-Christophe Cabanis

Dt 4, 1-2.6-8 ; Ps 14 (15), 2-3a, 3bc-4ab, 4d-5 ; Jc 1, 17-18.21b-22.27 ; Mc 7, 1-8.14-15.21-23

 

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