Paroisse Colomiers

22ème Dimanche A - « Discerner quelle est la volonté de Dieu » nous dit St Paul.

Pierre venait d’être félicité par Jésus parce qu’il venait de confesser sa foi pour la première fois : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Et là, Jésus lui parle sévèrement, en le traitant de Satan ! En lui disant que ses pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. Pierre a encore une image de Dieu qui n’est pas très juste. Il croit en un Dieu tout-puissant qui ne pourrait pas souffrir, et encore moins mourir. L’annonce de la Passion de Jésus dépasse complètement Pierre et les apôtres. Ils seront dépassés jusqu’au bout et ne retrouveront la paix et une foi plus assurée qu’après la résurrection.

Jésus nous dit que la croix fait partie de la vie, c’est-à-dire la souffrance. Il ne faut pas rechercher la souffrance, mais quand elle est là, Jésus nous dit qu’il peut nous aider à la traverser, lui qui l’a vécue jusqu’au bout. Nous croyons en un Dieu qui a pris notre condition, à travers Jésus, et qui ne l’a pas fait qu’à moitié. Mais il a montré que l’amour est plus fort que la souffrance et la mort.

Cet évangile fait réfléchir au sens de la vie : « Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la sauvera ». Est-ce qu’il faut jouer à qui perd gagne ? Non, cela va dans le sens du don : Quand on donne quelque chose, on le perd parce qu’on s’en détache, mais on gagne beaucoup en amitié, en solidarité. Jésus a donné sa vie et il nous demande de le suivre sur ce chemin. Cela ne veut pas forcément dire aller jusqu’au martyre, heureusement, mais avoir une vie donnée. Donner sa vie, ou donner la vie à des enfants pour les parents, cela va dans le même sens. Le don est marqué par la gratuité et l’engagement. Cela va peut-être à l’encontre de notre monde qui ne va pas trop dans le sens de la gratuité, il va plutôt dans le sens de posséder que de donner.

Mais notre monde est malade et il faut bien chercher à la guérir.

St Paul nous dit : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon…, ce qui est parfait ». Nous avons peut-être parfois, comme Pierre, une fausse idée de Dieu. Suivre Jésus, avec toutes les surprises qu’il nous réserve, nous permet d’avoir une foi plus ajustée, plus mûre.

Jésus nous précède, à nous de le découvrir et de le faire découvrir. Et nous pouvons le découvrir chez les autres, puisque nous sommes tous créés à l’image de Dieu, Jésus nous précède dans le cœur de nos semblables, même ceux qui ne le connaissent pas mais qui sont capables de beaucoup d’amour. Il se révèle aussi à travers sa Parole. Nous avons entendu Jérémie en première lecture. Etre prophète est pour lui une souffrance parce que sa parole est mal accueillie par le peuple et par les rois, on se moque de lui. Pourtant, la parole est comme un feu brûlant et Jérémie continue sa mission parce qu’il sait qu’elle est de l’ordre de l’amour.

« Discerner quelle est la volonté de Dieu » nous dit St Paul. « Que ta volonté soit faite » disons-nous dans la prière du Notre Père. Quelle est la volonté du Seigneur pour le monde d’aujourd’hui ? Continuons de scruter cette volonté qui passe par nos cœurs. A nous d’être volontaires dans cette découverte et de continuer à donner notre vie pour les autres. Car on sait bien, on l’expérimente, qu’on reçoit toujours plus qu’on donne. Que ta volonté soit faite Seigneur.

P. Jean-Christophe Cabanis

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article