23ème dimanche ordinaire, A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Ézéchiel 33,7-9., Psaume 95(94),1-2.6-7ab.7d-8a.9., Romains 13,8-10., Matthieu 18,15-20.

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Dans cet évangile, il est question de fraternité. « Si ton frère a commis un péché contre toi » : C’est ainsi que commence le petit discours de Jésus. Il est question de frère et de péché. Autant un péché est toujours grave, autant il peut être réparé puisque nous croyons en un Dieu réparateur, miséricordieux, consolateur. Mais pour qu’il y ait pardon, il faut qu’il y ait dialogue, et Jésus nous dit que ce dialogue peut être progressif. Le mieux est que le dialogue ait lieu entre les deux personnes en conflit. Puis la fraternité élargie intervient pour essayer de convaincre la personne qui est dans l’erreur. Ensuite, c’est toute l’Eglise qui est convoquée, toute l’assemblée des frères et des sœurs. Si la personne ne veut pas écouter l’Eglise, elle est écartée. Cela ne veut pas dire qu’elle ne sera plus un frère ou une sœur, mais une distance sera mise. D’ailleurs, l’Eglise va continuer à prier pour la sœur ou le frère écarté, en espérant son retour. Il (elle) sera toujours aimé malgré ce qui s’est passé.
Cet évangile nous parle donc de fraternité et de péché. Ce n’est pas le frère ou la sœur qu’il faut condamner ou exclure, c’est le péché. Nous ne sommes pas des juges, mais nous sommes des guetteurs, nous dit Ezéchiel. Nous devons guetter, débusquer ce qui est de l’ordre du péché car cela abîme les hommes. En tant que frères et sœurs universels, nous avons le souci de traquer tout ce qui atteint l’intégrité des hommes, leur corps, leur cœur, leur esprit. C’est aussi notre rôle de prophètes de dénoncer le péché qui est tapi à la porte de nos cœurs. Il y a des péchés comme l’indifférence, la méchanceté, le mensonge, qui empoisonnent les relations. Et il y a des péchés plus diffus : Aujourd’hui, notre monde bouge beaucoup du fait des mutations technologiques. Nous voyons bien qu’il y a des catastrophes qui arrivent qui ne sont plus seulement « naturelles », comme les cyclones si dévastateurs des Antilles. Le pape François nous rappelle que tous les dérèglements climatiques sont des conséquences du péché des hommes. Nous devons être des guetteurs et des acteurs de changements dans nos comportements vis-à-vis des autres et de la Création. La fraternité, elle doit se vivre aussi avec la nature comme nous le rappelle St François d’Assise qui parlait de mère la Terre, sœur l’eau, frère loup, etc…
St Paul nous rappelle qu’il ne suffit pas de ne pas pécher, de ne pas commettre d’adultère, de meurtre ou de vol. Mais qu’il s’agit d’aimer, d’aimer son prochain comme soi-même. « L’amour ne fait pas de mal au prochain » nous dit-il. Oui, nous devons dénoncer le mal, mais surtout annoncer et témoigner d’un Dieu d’amour, un Dieu Père, un Dieu frère en Jésus-Christ. Et faire tout pour être des acteurs de fraternité. En commençant par nos familles, mais aussi en mettant du lien autour de nous dans nos quartiers, au travail, dans nos différents lieux d’engagement. Etre fraternels avec les plus lointains, avec les migrants, ceux qui viennent de loin et qui sont différents de nous. Etre fraternels avec ceux qui ne pensent pas comme nous, qui prient différemment de nous ou qui ne prient pas du tout. Une belle initiative fraternelle est prise par le CCFD et tous ceux qui l’ont rejoint autour du projet de la marche inter-convictionnelle du 15 Octobre prochain entre Colomiers et Pibrac. Nos frères et sœurs juifs et musulmans avec nous, chrétiens, mais aussi ceux qui sont sans religion vont s’unir pour passer une journée ensemble au nom de la paix. 
Jésus nous demande de lier et délier, en son nom. De faire du lien par l’amour (sacrement du mariage), l’amitié, la fraternité, et que tous ces liens soient toujours plus consolidés par nos efforts, par notre patience, par notre ressourcement dans la prière. Et de délier là où les situations sont bloquées. De délier par le dialogue, le pardon, la compassion.
Continuons à œuvrer pour que notre Eglise, notre communauté, soit toujours plus fraternelle.

Père Jean-Christophe Cabanis

 

Publié dans Dimanche, Mots du curé

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