Paroisse Colomiers

25ème Dimanche A

Le maître de cette parabole qui évoque le Royaume des Cieux n’est pas injuste. Il est juste et il est bon. Il est juste pour les premiers ouvriers à qui il avait promis un salaire qu’il leur a donné, et il est bon par rapport aux ouvriers qui sont venus après et à qui il a donné la même rémunération. Il a le même souci pour les uns que pour les autres. Le souci, c’est leur dignité. Le travail donne cette dignité, et on sait aujourd’hui que ceux qui ne travaillent pas souffrent de se sentir inutiles, sont touchés dans leur dignité.

Le maître de la vigne sort toute la journée pour aller à la rencontre des ouvriers sans travail. Il est en sortie toute la journée, et cela rappelle une expression de notre pape François qui veut que toute l’Eglise soit en sortie. Il ne suffit pas d’accueillir ceux qui viennent à l’église, il faut sortir pour aller à la rencontre des autres. Le pape François utilise aussi l’image de la margelle du puits de la Samaritaine. Jésus était sorti en Samarie, et il a pu avoir ce dialogue très fructueux avec cette femme qui ne serait jamais allée vers lui toute seule.
Aujourd’hui où la crise économique est là, où le drame du chômage est là aussi, comment l’Eglise peut-elle être présente, non pas pour trouver du travail à tout le monde, mais pour accompagner ceux qui se retrouvent dans des situations où leur dignité est mise à mal ?
La vigne, c’est aussi l’image habituelle pour parler de l’Eglise. Nous sommes tous des ouvriers de l’Eglise. Que nous soyons prêtres, diacres, personnes consacrées, laïcs, que nous ayons des responsabilités dans des paroisses ou dans des mouvements d’Eglise. Ou même si nous n’avons pas de responsabilité précise, s’occuper de sa famille, exercer son travail avec cœur, être engagé dans des associations, il y a de multiples façons de travailler à la vigne du Seigneur. Mais notre Eglise ne pourrait-elle pas être encore plus active ? Non pas pour être dans l’activisme, mais pour porter de beaux fruits. Jésus nous dit dans l’évangile de St Jean qu’il est lui-même la vigne et que ce qui compte, c’est d’être reliés à sa sève pour porter de beaux fruits, les fruits de l’Esprit que sont la paix, la joie, la maîtrise de soi, l’amour…
Etre une Eglise en sortie, c’est être missionnaire du Christ, c’est être témoins que la sève de son amour nous fait vivre, et que cette sève est destinée à tous les hommes.
St Paul, que nous avons entendu en 2ème lecture, nous dit que pour lui, vivre c’est le Christ. Lui qui a été un des plus grands missionnaires, qui a permis à l’Eglise des premiers temps de s’étendre, a donné sa vie pour le Christ. Aujourd’hui où la situation du monde est très inquiétante, où l’Eglise est aussi fragile pour diverses raisons, faisons le choix de Paul pour qui vivre c’est le Christ. Et laissons-nous élever comme le prophète Isaïe qui dit que les pensées du Seigneur sont plus élevées que nos pensées. Soyons l’Eglise en sortie et en hauteur !

P. Jean Christophe Cabanis
 

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