25e dimanche ordinaire, année A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Il va y avoir trois dimanches à la suite où il sera question de vigne dans l’évangile. Cela tombe bien en cette saison d’automne où ce sont les vendanges.
La vigne est une belle image biblique. Le peuple d’Israël représente la belle vigne du Seigneur. Le Seigneur y met tout son soin. Mais ceux qui l’entretiennent la négligent parfois et elle peut être dévastée. C’est le drame de la première alliance que dénonceront les prophètes, mais Jésus est venu pour la nouvelle alliance et il dira lui-même : « Je suis la vigne et vous êtes les sarments. Mon Père est le vigneron ».
La vigne, c’est une culture qui a beaucoup de noblesse. Elle est humble parce qu’elle peut se contenter d’un sol qui n’est pas riche, qui est plein de cailloux. Elle nécessite un soin pied par pied, sarment par sarment pour la taille. Chaque pied de vigne est différent de son voisin et pourtant toutes les grappes, tous les raisins sont réunis dans la même cuve pour produire le meilleur vin. Alors nous comprenons dans cet évangile qu’il y ait besoin de beaucoup d’ouvriers pour la vigne, qu’il n’y en aura jamais trop.
La vigne, nous pouvons la comprendre au premier sens, qui fait référence à une situation économique. Il faut que la vigne soit rentable, c’est-à-dire que la main d’œuvre coûte moins que le produit qui sera revendu. On peut penser aujourd’hui à toutes les personnes qui ne sont pas employées, qui sont au chômage et qui voudraient bien avoir du travail, participer à l’activité générale et ne pas être là sans rien faire, sans dignité. Pourtant, les besoins sont là. On manque de médecins, de soignants, d’enseignants, de personnels dans plusieurs institutions. Et des personnes, jeunes ou moins jeunes sont là, avec leurs qualités, sans qu’on ne leur demande rien. Des efforts sont faits pour que des formations correspondent aux besoins d’aujourd’hui et pour que des entreprises puissent être favorisées dans le sens de l’embauche. L’Eglise s’intéresse, à travers sa pensée sociale, au bien commun, à tous les acteurs de la vie économique qui ont tous la même dignité. Où les derniers de l’échelle sociale ont le même prix que ceux qui sont en haut de l’échelle.
Nous sommes invités bien sûr à réfléchir à cette vigne symbolique qui est à la fois l’Eglise, prolongement du peuple d’Israël, la vigne du Seigneur, et à la fois le Royaume des Cieux où tous les hommes sont invités. Dans ce royaume de l’amour, tout le monde est invité à participer, à avoir sa place. Ce qui est demandé, c’est de savoir prendre soin de l’autre. La vigne est une culture très délicate, et l’être humain est aussi très délicat. Il a besoin de beaucoup d’attention, de prévenance, pour donner le meilleur de lui-même.
Nous voyons que le travail est immense aujourd’hui. Il y a les enfants et les jeunes qui ont besoin de beaucoup d’attention, d’encadrement, de repères. Il y a les personnes âgées, les personnes seules, les étrangers qui ont besoin de présence, de beaucoup d’attention. Ils ont surtout besoin de reconnaissance, de comprendre que ce sont eux et elles, les plus petits, qui peuvent œuvrer à la vigne du Royaume de Dieu. Que les plus petits sont autant acteurs que les plus grands dans la vigne du Seigneur.
Et puis il y a notre Eglise. Si certains s’en éloignent, n’est-ce pas parce qu’on ne leur a rien demandé ? N’est-ce pas parce qu’ils ne se sont pas sentis reconnus par tout ce qu’ils pouvaient donner ? Cet évangile sévère pour les ouvriers de la première heure peut faire réfléchir à la place que prennent ces ouvriers qu’on voit le plus souvent dans l’Eglise, comme les prêtres ou les personnes les plus présentes. N’y a-t-il pas à réfléchir à une meilleure distribution du travail pastoral, à inviter à rejoindre la barque de l’Eglise le plus grand nombre car tout l’équipage est nécessaire pour la traversée ? Pour que le produit de la vigne soit encore plus savoureux grâce à sa diversité !
La vigne donne le vin que Jésus transforme en son sang pour nous sauver. Efforçons-nous de nous rapprocher du Christ pour pouvoir dire comme Paul : « Pour moi vivre c’est le Christ ». Nous ne sommes pas là pour nous comparer mais pour faire tous corps avec le Christ, à égalité, en toute fraternité.

Père Jean-Christophe Cabanis

Isaïe 55,6-9 ; Psaume 145(144),2-3.8-9.17-18. ; Philippiens 1,20c-24.27a. ; Matthieu 20,1-16a.

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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