Paroisse Colomiers

25ème Semaine du Temps Ordinaire - Année B - 23 septembre 2018

« De quoi discutiez-vous en chemin ? » Nous retrouvons, comme Dimanche dernier, le chemin que Jésus emprunte avec ses disciples à travers la Galilée et la Judée. Sur ce chemin, Jésus leur avait posé cette question profonde : « Pour vous qui suis-je ? » Et Pierre, au nom des 12, avait fait sa belle 1ère profession de foi : « Tu es le Christ ». Et là, toujours en chemin, il leur révèle ce qui l’attend, ce qui le remue au plus profond de lui-même : sa Passion et sa Résurrection. Pourtant, les apôtres n’en sont pas à cette profondeur. Pour l’instant, ce qui les préoccupe, c’est quelque chose de plus superficiel, c’est de savoir parmi eux qui est le plus grand. Jésus inverse leurs préoccupations : il ne s’agit pas d’être le plus grand, mais de prendre soin du plus petit. Et Jésus place un enfant au milieu du cercle. Pas comme un objet de démonstration, mais il l’embrasse pour montrer qu’il a du prix, qu’il est un enfant de Dieu, qu’il est aimé du Père. Et le mot qui ressort dans ces explications de Jésus, c’est le mot « accueil ». Il s’agit d’accueillir cet enfant comme tout enfant, et à travers l’enfant, c’est Jésus lui-même qui est accueilli. Jésus déplace bien la discussion des disciples. Il ne s’agit pas d’être le plus grand pour dominer, mais d’accueillir le plus petit pour être dans la vraie démarche de foi et dans la dynamique du Royaume. Parce qu’à un autre moment de l’évangile, Jésus dit bien que ce sont les enfants qui seront les premiers dans le Royaume. Pour y entrer, il faut avoir une âme d’enfant.

Nous pouvons nous demander nous aussi quelles sont nos principales préoccupations sur le chemin de nos vies. Est-ce que c’est d’être le plus grand, de dominer les autres, d’avoir toujours plus ? Quelle place ont les enfants dans notre vie ? Si nous sommes parents, nous savons que les enfants ont la première place, que ce dont ils ont besoin avant tout, c’est de l’amour de leurs parents. L’amour uni du Papa et de la Maman si possible. En ce moment, il y a des débats sur la procréation assistée. La question que se posent les évêques de France en particulier, c’est si l’enfant est accueilli pour lui-même ou pour satisfaire les parents. Le droit de l’enfant n’est pas la même chose que le droit à l’enfant. On n’a pas droit à un enfant, on l’accueille comme un don, non comme un dû. Les enfants ont bien leur place dans la société parce qu’on s’occupe de construire des écoles, des collèges, des crèches et des enseignants ou encadrants sont là pour les faire grandir dans leurs connaissances. On peut se demander si tous sont bien accueillis. S’il n’en manque pas à l’appel parmi les populations les plus marginalisées comme les Gens du Voyage, les Roms, les migrants. Pour Jésus, chaque enfant a la même dignité, reçoit le même amour.

Et dans notre Eglise, quelle place faisons-nous aux enfants ? Il y a le catéchisme, l’aumônerie, le scoutisme, le baptême des tout-petits. Chaque famille doit se sentir accueillie. Mais ne peut-on pas aller plus loin pour aller à la rencontre des familles et des familles qui ne frappent pas à la porte de l’Eglise et qui ont pourtant soif de connaitre la source de l’amour ? Jésus nous dit aujourd’hui que pour le suivre et l’accueillir, nous devons avant tout avoir le souci d’accueillir les enfants et à travers eux les plus petits, d’avoir non pas une attitude de domination mais de service.

St Jacques nous rappelle aussi que notre foi doit être au service de la paix. Qu’il ne suffit pas de déplorer la guerre dans le monde mais qu’il faut d’abord gagner la paix dans notre cœur. Si notre cœur remporte le combat de la paix contre la jalousie, les rivalités, la méchanceté, alors notre cœur donnera de bons fruits, féconds, qui aideront le monde à être plus juste, fraternel et soucieux de l’environnement. Travaillons, avec le Christ, pour que nos cœurs soient apaisés et donnent de bons fruits pour pouvoir donner ces meilleurs fruits aux enfants, eux dont l’avenir dépend de nous et de notre amour, eux qui nous montrent le chemin du Royaume.

Père Jean-Christophe Cabanis

Sg 2, 12.17-20 ; Ps 53 (54), 3-4, 5, 6.8 ; Jc 3, 16 – 4, 3 ; Mc 9, 30-37

De quoi discutez-vous en marchant ?

 

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