26e dimanche ordinaire, année A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Nous retrouvons la vigne et ce père qui fait penser au Père de l’enfant prodigue avec ses deux fils assez difficiles. « Allez travailler à ma vigne » leur dit-il. On peut se demander pourquoi aucun des deux ne veut y aller. Même le deuxième fait semblant de vouloir y aller. Est-ce que c’est le fait de travailler qui les rebute ? Ou n’est-ce pas plutôt le fait que ce n’est pas leur propre vigne ? C’est la vigne de leur père. Et c’est là qu’il y a sûrement un problème : la vigne de leur père, c’est aussi la leur, c’est cela qu’ils ne comprennent pas. Et nous qui sommes tous enfants de Dieu, il nous est demandé aussi de travailler à la vigne du Père. Alors demandons-nous quelle est cette vigne et quel travail nous avons à y faire. Il n’y a pas deux vignes dans nos vies : notre petit pré carré personnel avec le risque de l’individualisme, et la vigne du Seigneur qui serait à côté à laquelle nous donnerions une partie de notre temps. La vigne du Seigneur, c’est déjà toute notre vie personnelle : notre travail, nos études, notre famille, nos divers engagements dont ceux que nous prenons en Eglise. Cette vigne du Seigneur, c’est aussi la Création et nous avons tous à l’entretenir, la préserver. Dans la Création, il y a l’environnement mais il y a bien sûr l’humanité et tous nos efforts doivent aller dans le sens de la solidarité et de la fraternité. La vigne du Seigneur, on peut l’appeler aussi « le bien commun ». Travailler à la vigne du Seigneur, c’est œuvrer dans le sens du bien pour tous. Au travail, pour que la dignité de tous soit respectée ; dans le voisinage, pour que personne ne soit ignoré, oublié. En Eglise, pour que chacun ait sa place et que nous soyons tous des missionnaires, c’est-à-dire des témoins du Christ. La vigne donne le meilleur vin, et Jésus transforme ce vin en son sang, c’est-à-dire qu’il fait le don de sa vie. La vigne du Seigneur, elle n’est pas seulement terrestre, pour que chacun sur terre vive mieux, elle est aussi céleste, son horizon c’est l’éternité, c’est la vie en Dieu.
Ensuite, nous avons l’attitude des deux fils à considérer. Le premier dit non à son père puis va à la vigne. Le second fait le contraire. Le premier se repend et c’est cette attitude qui est félicitée. Le repentir est toujours possible et Jésus prend l’exemple des publicains et des prostituées qui étaient les plus mal considérées à l’époque et qui sont capables, eux et elles aussi, de travailler à la vigne du Seigneur, qui sont capables d’accepter que leur vie soit transformée, ne soit pas dans une impasse, dans le mal, mais dans une ouverture. Alors que les grands prêtres et les anciens, censés s’occuper de la vigne du Seigneur, n’y ont mis aucun cœur et vont être violents vis-à-vis de Jéus.
Saint Paul donne de bons conseils pour travailler à la vigne du Seigneur dans sa lettre aux Philippiens. Il parle de se réconforter, de s’encourager avec amour, d’avoir de la tendresse, de la compassion, de rechercher l’unité. D’être humbles, de considérer les autres supérieurs à soi-même ! Et bien sûr en se fixant sur le Christ qui s’est abaissé en donnant sa vie sur la croix et qui est ressuscité, exalté par son Père.
Jésus nous dira qu’il est la Vigne et que nous sommes les sarments. Acceptons d’être reliés à son cep, de vivre de sa sève, c’est-à-dire de son sang et de son amour. Demandons-nous quelle est notre place, en particulier dans l’Eglise. Acceptons d’être travaillés par l’Esprit. Car il s’agit moins de travailler que d’être travaillé par l’Esprit de Jésus pour donner les meilleurs fruits, ceux de la joie, de la paix, l’amour, la foi.

Père Jean-Christophe Cabanis, source image https://i.pinimg.com/564x/47/ba/bd/47babdeac60f11f9756adb1a77186864--la-bible-bible-verses.jpg

Ézéchiel 18,25-28., Psaume 25(24),4-5ab.6-7.8-9., Philippiens 2,1-11., Matthieu 21,28-32.

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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