Paroisse Colomiers

28e dimanche ordinaire, année A

Cet évangile nous parle du Royaume à travers un banquet préparé pour les noces du fils du roi. Les noces sont la célébration de l’amour, or l’invitation tourne mal : soit les invités sont indifférents, soit ils sont violents. L’invitation se fait alors plus large, à la croisée des chemins, et la salle de noces se remplit, de bons comme de mauvais ! Ce banquet avait été annoncé par le prophète Isaïe, comme un grand rassemblement de tous les peuples, une fête de la consolation pour tous ceux qui avaient souffert. Alors, pourquoi les invités ne veulent-ils pas venir ? Ils préfèrent leurs propres affaires, leur commerce, leur argent, à ce rassemblement sous le signe de la paix et de la joie. Et leur indifférence ou égoïsme tourne vite à la violence. Le roi persévère dans son invitation, dans son projet rassembleur même si les invités ne sont plus les mêmes.

Jésus parle de lui-même lorsqu’il parle du fils. Il est ce Fils envoyé par son Père pour organiser ses noces avec l’humanité.  L’Apocalypse parle bien des « Noces de l’Agneau ». Il n’a pas été bien reçu, il a subi la violence jusqu’à la mort, mais ressuscité, il se propose comme étant lui-même l’époux, mais aussi le repas de noce puisqu’il dit : « Prenez est mangez, ceci est mon Corps…ceci est mon Sang ». Nous sommes les serviteurs du Royaume, nous qui sommes heureux d’être invités au repas du Seigneur. Les serviteurs, ce sont eux qui sont chargés d’inviter, à la croisée des chemins, les bons comme les mauvais. Car ce ne sont pas les serviteurs, ce n’est pas nous qui pouvons juger qui est bon ou qui est mauvais. Et d’ailleurs, il y a du bon et du moins bon en chacun… Seul Dieu peut juger les cœurs. Cet évangile est tourné alors vers la mission, et pour cela, il faut sortir de chez nous. Quelle est cette croisée des chemins dont il est question ? Où doit-on porter l’invitation et vers qui ? C’est une invitation à des noces alors notre approche doit être fraternelle. Dieu envoie son Fils pour ses noces avec toute l’humanité. Notre Eglise doit être tournée vers tous, en particulier ceux qui ne sont jamais invités nulle part.

A la fin de l‘évangile, il y a ce mystérieux invité qui ne porte pas le vêtement de noce. Pour nous les chrétiens, ce vêtement est celui de notre baptême qui est blanc car il représente la pureté et aussi le Christ ressuscité qui nous habite et nous habille. Est-ce que nous oublions parfois de revêtir le Christ ? De vivre les commandements de l’amour ? Le baptême fait de nous des enfants de lumière. Notre vie est-elle lumineuse pour ceux qui nous entourent, en étant le reflet de la lumière du Christ ? Est-ce que le vêtement de noce ne commencerait pas par un sourire, une attitude engageante à l’égard de tous ?

Nous sommes à la fois invités et invitants aux noces de l’Agneau, au banquet que le Seigneur prépare pour toute l’humanité. Sachons revêtir notre cœur de tout ce qu’il a de meilleur, de toutes les qualités, tous les dons que nous avons reçus. Et mettons-les au service de ce rassemblement qui est destiné à tous les peuples et dont les premiers invités sont les plus pauvres, les plus isolés, ceux qui ont besoin de consolation. Entendons cet appel, chacun et en Eglise, à aller à la croisée des chemins où nous sommes attendus.

Père Jean-Christophe Cabanis

Isaïe 25,6-10a ; Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6. ; Philippiens 4,12-14.19-20. ; Matthieu 22,1-14.

 

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