Paroisse Colomiers

Joie de croire

Cette guérison de Naaman le général syrien fait oublier les classes sociales. C’est la servante de son épouse qui l’a poussé, lui le général, à aller demander la guérison à Elisée, le prophète du peuple ennemi. Et ce sont ses serviteurs qui insistent pour qu’il exécute ce que Elisée lui prescrit : d’aller se plonger 7 fois dans le Jourdain. Et il va en ressortir guéri. Elisée est un prophète, et il ne veut pas que le mérite de la guérison lui revienne. Il n’accepte pas de cadeau de Naaman, par contre il lui fait le cadeau de la foi. Naaman va repartir guéri et aussi sauvé, habité par la foi en un Dieu plein de miséricorde qu’il vient de découvrir. Ce passage du livre des Rois permet de voir que dans la foi, il n’y a pas de classes sociales, tous sont à égalité comme enfants de Dieu, et la lèpre de la maladie, mais aussi celle du péché, peut arriver à tout le monde. Il n’y a pas non plus d’étranger. La bonté de Dieu n’est pas réservée au peuple élu, mais elle est destinée à tous les hommes.

L’étranger  dans l’évangile, c’est le Samaritain. Celui qui était doublement mal considéré. D’abord parce qu’il était lépreux, ensuite parce qu’il était Samaritain, peuple méprisé. Pourtant, c’est le seul qui revient vers Jésus pour le remercier, pour rendre gloire à Dieu. Ils sont dix à être guéris par Jésus, à être purifiés, mais il est le seul à qui Jésus dit : « Ta foi t’a sauvé ». Comme Naaman, il a vu dans sa guérison une œuvre de Dieu, il a fait une expérience de foi et certainement que sa vie va être transformée. Pas seulement par sa guérison physique, mais par le fait de se savoir aimé et sauvé par le Seigneur.

La lèpre, ça peut être la maladie, mais ça peut être aussi des préjugés qu’on a contre des personnes et qu’on tient à l’écart. Qui sont les lépreux d’aujourd’hui, ceux qu’on essaie de ne pas fréquenter ? Est-ce que ce sont les Roms, les étrangers sans-papiers ? Ou encore les personnes très âgées, les jeunes désœuvrés, les chômeurs ?

Il y a une autre lèpre qui nous concerne tous, c’est celle du péché. Elle nous défigure. Elle est contagieuse parce que le mal peut entraîner le mal… Nous n’avons pas à nous juger mutuellement, à nous stigmatiser, mais à nous tourner vers Jésus, comme au début de la messe où nous lui avons demandé : « Seigneur prends pitié ».

Jésus nous guérit et surtout il nous communique la joie. Naaman le Syrien et le Samaritain guéri sont très joyeux de l’expérience qu’ils viennent de vivre. Et cette joie, ils voudront la communiquer. Ils vont devenir des missionnaires, ils vont annoncer le Dieu vivant.

En ce mois de la mission, sachons communiquer notre joie de croire. Agissons au nom du Christ pour faire tomber les frontières sociales et culturelles. Sachons aussi reconnaître celui ou celle qui est le (la) plus loin, et qui pourtant a une grande capacité à croire et à glorifier le Dieu vivant. Qui sont les Naaman d’aujourd’hui, les Samaritains et les lépreux d’aujourd’hui qui nous précèdent sur le chemin du Royaume de Dieu ?

P. Jean-Christophe Cabanis

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