28e dimanche du temps ordinaire, C

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Deuxième livre des Rois 5,14-17.
Psaume 98(97),1.2.3ab.3cd-4. 
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-13.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17,11-19.

*****    

Les 10 lépreux guéris par Jésus sont avant tout des personnes qui ont beaucoup souffert, à la fois par leur maladie, et aussi du fait qu’elles ont été mises à l’écart, rejetées par leur société qui voyaite dans leur mladie une punition, une conséquence de leur péché. Ces lépreux subissent la double peine de leur maladie et de la stigmatisation à leur égard. « Prends pitié de nous », disent-ils à Jésus du fond de leur souffrance. Jésus va nous seulement avoir pitié d’eux, les guérir, mais il va les purifier : il leur redonne la santé mais aussi leur dignité, ils retrouvent une unité intérieure ainsi que la place qu’ils avaient perdue dans la société. Ils ne seront plus banis.

Un seul revient vers Jésus pour lui rendre grâce. C’est à Dieu qu’on rend grâce ! Donc il reconnait que Jésus est un envoyé de Dieu et il se prosterne à ses pieds. Or il est bien dit qu’il est un Samaritain, un étranger, qui avait mauvaise réputation, la réputation de mal croire en Dieu. Et pourtant c’est lui qui a la meilleure attitude, celle de la gratitude, de la reconnaissance, de la foi. Et Jésus va lui dire : »Relève-toi et va, ta foi t’a sauvé ». Cet homme Samaritain est à la fois guéri, purifié et sauvé. Le salut dépasse la purification, il ouvre à une autre vie, à la vie éternelle. Cet homme n’a pas fait seulement l’expérience de la guérison et de sa réhabilitation sociale, il a rencontré Jésus ! Sa vie en sera transformée, illuminée !

Cet évangile nous invite à savoir revenir en arrière. Parce que c’est en revenant sur ses pas qu’il a retrouvé Jésus qui l’attendait et qui lui a parlé. Dans notre vie, nous savons aller de l’avant. Mais savons-nous nous arrêter pour nous rendre compte des transformations que Dieu opère en nous, et de ses guérisons ? Savons-nous reconnaître la trace de Dieu qui intervient toujours pour soigner nos blessures, pour nous purifier ? Savons-nous revenir vers Jésus qui nous attend toujours pour nous relever, pour nous faire repartir de l’avant remplis de son amour ? Savons-nous dire merci, rendre grâce à Dieu pour tous ses bienfaits ?

Cet évangile nous renvoie aussi vers ceux qui souffrent. Qui sont les léprux d’aujourd’hui ? Ceux qui sont mis à part dans la société. Les chômeurs ? Les migrants ? Les sans-papiers ? N’est-ce pas toute la société qui a besoin d’être purifiée pour être plus fraternelle et plus juste ?

Qui sont les Samaritains d’aujourd’hui ? Ceux que l’on juge mal. Jésus nous prévient souvent dans l’évangile que le Samaritain est souvent le meilleur, celui qui a le meilleur cœur. Pensons au « bon Samaritain ». Ceux qui croient autrement que nous, qui appartiennent à une autre religion ou confession, ceux qui se disent non-croyants, ce sont peut-être eux qui sauront nous indiquer la source de l’amour.

C’est aussi à nous de creuser notre relation au Christ, de revenir toujours à lui pour témoigner de son amour. Oui, notre monde connait trop de souffrances physiques ou morales. Jésus est présent pour guérir ces souffrances par son amour, par son pardon. Jésus a pris nos souffrances sur lui par sa Passion, en donnant sa vie. St Paul nous invite à nous associer à la passion de Jésus, à supporter les épreuves avec lui pour désigner le Christ comme le Sauveur, à rendre grâce de ce qu’il nous relève et nous dise : « Va, ta foi t’a sauvé ».

Père Jaan-Christophe Cabanis, image http://images.slideplayer.fr/12/3708028/slides/slide_8.jpg

Publié dans Mots du curé, Dimanche

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article