Paroisse Colomiers

29e dimanche ordinaire, année A.

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » : Jésus a laissé des phrases célèbres dans l’évangile, comme celle-ci. Qui veut bien dire qu’il y a ce qui est de l’ordre matériel ou temporel qui a sa valeur, et Jésus respecte l’impôt par exemple. Mais il y a la part de Dieu, la dimension spirituelle qu’il ne faut pas oublier, qui est plus importante. St Augustin a fait un très bon commentaire de cet évangile en disant que si l’effigie de la pièce représente César, l’image de Dieu, elle, est en chacun de nous. Alors rendre à César sa pièce avec son effigie est important, mais rendre à Dieu son image qui est en nous l’est encore plus.
Nous savons que nous sommes créés à l’image de Dieu. Cette image est malheureusement ternie par le mal, par le péché, elle est un peu enfouie au fond de nous-mêmes. Jésus est venu pour restaurer cette image, pour faire resurgir ce que nous avons de meilleur au fond de nous-mêmes. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, n’est-ce pas aussi rendre grâce, remercier ? Nous sommes dans la semaine missionnaire, nous savons qu’être missionnaires, c’est être témoins. La meilleure façon d’être témoin n’est-elle pas de refléter le mieux possible l’image de Dieu que nous avons en nous-mêmes ? N’est-ce pas aussi de contempler, de révéler l’image de Dieu qui est chez ceux ou celles vers qui nous sommes envoyés, que ce soit près de chez nous ou au loin ? Au loin, il y a des initiatives que nous pouvons soutenir dans des pays où l’Eglise est jeune et a besoin de moyens pour se développer, a besoin aussi de notre prière. Plus près de chez nous, témoigner ce n’est pas toujours parler explicitement de notre foi, mais c’est entrer en dialogue, par exemple par le dialogue inter-religieux ou inter-convictionnel selon l’expression d’aujourd’hui. La marche « Osons la rencontre » de Dimanche dernier sur ce thème à Colomiers a été un bel exemple pour se découvrir venant de tous horizons et en marchant ensemble sur le chemin de la paix et de la fraternité.
Pour en revenir à l’image de Dieu, celle que nous portons en nous-mêmes, pour bien la refléter, nous avons à nous laisser travailler par le Christ et par l’Esprit. Nous avons à nous convertir, à nous tourner vers Jésus, à nous exposer à son amour et à son pardon. Cela peut se faire dans la prière, dans la méditation de l’évangile en particulier. Puis nous avons à prendre notre place dans l’Eglise, un peu comme les Thessaloniciens que St Paul félicite parce qu’ils forment une belle communauté : Ils sont félicités parce que leur foi est active, leur charité se donne de la peine et leur espérance tient bon. Et ainsi ils peuvent être des témoins de l’amour fraternel qui les habite. Notre vie fraternelle, en Eglise, doit être aussi une image de la Trinité : un amour qui circule entre les personnes et qui veut accueillir le plus grand nombre. Soyons des disciples-missionnaires, comme nous y invite le pape François, en reflétant son amour en Eglise, dans la paroisse, mais aussi dans notre vie de tous les jours par nos comportements bienveillants envers tous. 
Efforçons-nous de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, de ne pas faire comme les scribes, adversaires de Jésus, qui gardent pour eux ce que le Seigneur leur a confié. Au contraire, nous devons déceler chez les autres ce qu’ils ont de meilleur et qu’ils ne soupçonnent peut-être même pas. Leur révéler que Celui qu’ils cherchent est au fond d’eux-mêmes. Comme St Augustin, encore une fois, qui disait dans ses Confessions : « Dieu était en moi et je ne le savais pas ». Cherchons cette image en nous pour en faire cadeau au monde.

Père Jean-Christophe Cabanis

Isaïe 45,1.4-6., Psaume 96(95),1a.3.4-5b.7-8a.9a.10ac., 1Thessaloniciens 1,1-5b., Matthieu 22,15-21.

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