Paroisse Colomiers

Prier, prier, prier

Cet évangile part d’une situation d’injustice. La veuve vit une situation misérable de par son état de veuve et elle a en plus un adversaire qui est injuste envers elle. Et enfin le juge ne veut pas s’occuper d’elle.

            La justice de Dieu est plus grande que celle des hommes. Les hommes, nous avons notre justice, nos tribunaux, nous jugeons les délits ou les crimes. Mais nous nous accommodons de beaucoup de situations injustes. Il y a une majorité d’hommes, de femmes, d’enfants dans le monde qui ne vivent pas de façon digne, qui vivent sous le seuil de la dignité, pourrait-on dire, et qui pourtant ne sont pas défendus. Ce sont même eux qui subissent le plus les tribunaux parce que, pour survivre, ils enfreignent parfois la loi et sont moins bien défendus que les plus puissants.

            La justice de Dieu part de l’égale dignité entre les hommes parce que nous sommes tous enfants de Dieu, nous avons tous le même Père. A ce titre, la justice de Dieu s’accompagne toujours d’amour. Ce n’est pas une justice froide, celle d’une loi, mais c’est celle d’un Père qui peut corriger ses enfants si nécessaire, qui veut surtout les faire grandir, et qui est capable de pardonner.

            Si nous avons un même Père, c’est que nous sommes frères et sœurs. La justice de Dieu doit nous inspirer une justice d’enfants de Dieu où l’autre est un frère, une sœur, avec qui nous entretenons une relation. Jésus, dans le discours sur la montagne, dit d’aller d’abord se réconcilier avec son frère si on a un litige avec lui avant de faire son offrande à l’autel.

            Pour réclamer la justice, il faut être soi-même juste, c’est-à-dire ajusté à la volonté de Dieu. Alors on peut faire des demandes au Seigneur, faire monter vers Lui nos prières et nos supplications car il écoute ceux qui ont un cœur droit. Il entend nos cris comme il avait entendu le cri de souffrance du peuple hébreu du temps de Moïse. A l’injustice, Dieu répond par la libération. La libération prend du temps. Il faut sortir d’Egypte mais aussi combattre les ennemis comme les Amalécites. Il faut persévérer dans le combat qui n’est pas que celui des guerres mais surtout le combat spirituel que nous devons mener face au mal. Nous devons nous aider les uns les autres dans la lutte contre le mal qui est la violence, le mensonge, le péché… Comme Josué qui a soutenu Moïse dans cette belle lutte contre le mal en lui tenant les bras levés. Ce passage nous invite aussi à ne jamais baisser les bras. Le combat se joue sur la colline, plus que sur le champ de bataille. La colline est plus près du Seigneur, c’est le lieu de la prière. La prière n’est pas une facilité mais un combat.

            St Paul nous invite à nous rapprocher toujours plus de la Parole de Dieu, des Ecritures. Elles nous aident à dénoncer le mal, à éduquer dans la justice, à avoir un équipement pour faire toute sorte de bien. St Paul nous invite à être missionnaires en proclamant la Parole à temps et contretemps. C’est aussi le rôle des prophètes. Que notre prière pour le monde soit enracinée dans la Parole de Dieu et participer à un monde plus juste, plus fraternel, à un ponte de paix.

P. Jean-Christophe Cabanis

Ex 17, 8-13 ; Ps 120 (121), 1-2, 3-4, 5-6, 7-8 ; 2 Tm 3, 14 – 4, 2 ; Lc 18, 1-8

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