2ème Dimanche de Carême A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

 Genèse 12,1-4a ; Psaume 33(32),4-5.18-19.20.22 ; 2Timothée 1,8b-10 ; Matthieu 17,1-9

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Ces textes sont de beaux envois dans la vie spirituelle et chrétienne. Abram, on ne sait rien de lui, on connait seulement sa lignée généalogique. Il reçoit comme une multitude de bénédictions qui l’encouragent à partir vers l’inconnu, vers le pays qui lui sera indiqué. Sa grande qualité c’est sa confiance, sa foi. Il va partir avec sa femme Sara et son neveu Lot, et il va laisser le reste de sa famille. Cela ne veut pas dire que sa famille ne compte pas pour lui car à travers lui, toutes les familles de la terre seront bénies. Abram n’agit pas pour lui mais pour tous les hommes, et il prendra le nom d’Abraham qui ajoute une dimension plurielle. Nous aussi notre chemin de foi, notre vie spirituelle, permettent à tous les hommes, toutes les familles de la terre d’être bénies. Notre vie spirituelle n’est pas qu’un chemin personnel, elle rejoint l’universel, et surtout la fraternité universelle.

L’expérience de la Transfiguration est aussi une très belle histoire qui commence par une promenade sur une montagne et devient une expérience extraordinaire. La vie spirituelle peut réserver de grandes surprises et les apôtres ce jour-là en voyant Jésus transfiguré, tout rayonnant comme un soleil et d’un blanc éclatant, se sont demandé ce qui se passait. Pierre ne comprenait pas bien mais exprimait un bien-être : « Il est bon que nous soyons ici » dit-il. La montagne de la Transfiguration est un lieu de rencontre : il y a Moïse et Elie qui viennent s’entretenir avec Jésus. Le Père s’adresse aux apôtres en désignant son Fils Bien-Aimé et en leur disant : « Ecoutez-le ». La rencontre est une conversation et la prière, qui s’appuie sur la Parole de Dieu, est bien une rencontre et une conversation hors du temps. Les apôtres ne vont pas tout comprendre, ils comprendront à la lueur de la résurrection de Jésus. Jésus, une fois que la nuée aura disparu et que Moïse et Elie seront repartis, est toujours là avec ses amis. Il n’est pas là que dans la prière ou les moments extraordinaires, il est là au quotidien, dans les temps qui semblent plus ordinaires. Jésus et ses amis vont descendre de la montagne où une foule les attend déjà. Et tout de suite, Jésus opèrera une guérison, d’un enfant épileptique. La montagne de la vie spirituelle doit être redescendue car nous sommes attendus dans la plaine pour faire du bien, avec l’aide de Jésus qui est toujours avec nous, qui veut agir à travers nous. La vie spirituelle nous remplit de la force d’amour dont nous avons besoin pour être des témoins de notre foi.

St Paul nous prévient que ce n’est pas facile d’être des témoins : « Avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Evangile ». Jésus marche vers sa Passion. Nous avons à l’accompagner sur son chemin de croix car la vie spirituelle est un combat pour vaincre le mal. Continuons notre chemin de Carême en nous rapprochant du Christ, pour nous remplir de sa force d’amour et rencontrer notre monde défiguré avec un cœur et un visage transfigurés. 

Père Jean-Christophe Cabanis

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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