Paroisse Colomiers

La Transfiguration du Seigneur

            Il est toujours bon de réentendre le récit d’Abraham dans la Genèse : « Va, quitte ton pays, va vers le pays que je te montrerai ». Et surtout toutes les bénédictions qu’il reçoit, pour lui, sa famille, mais aussi toutes les familles de la terre. Nous sommes tous bénis à travers Abraham, c’est-à-dire que Dieu nous veut du bien, il veut le meilleur pour nous. Mais alors il faut se mettre en marche comme Abraham, accepter de quitter nos habitudes, aller vers l’inconnu, aller dans une direction que Dieu a préparée pour nous et qui est bénie. C’est cela le sens du Carême, se mettre en marche, se déplacer vers des personnes nouvelles, vers de nouveaux horizons, marcher vers la fête de Pâques, où Jésus révèle son amour qui va jusqu’à donner sa vie pour nous.

        Et ce récit de la Transfiguration, nous l’entendons toujours lors du 2ème Dimanche de Carême. Nous sommes encore au début du Carême mais nous avons déjà un avant-goût de la résurrection. Jésus est transfiguré, son visage est rayonnant et ses vêtements sont d’un blanc éclatant. Jésus apparait comme pleinement en Dieu, il dépasse sa condition humaine, il n’est plus dépendant de sa nature humaine comme lorsqu’il sera ressuscité. Ce qui se passe sur cette montagne dépasse les frontières terrestres puisque Moïse et Elie apparaissent, il y a la nuée mystérieuse qui rappelle l’Exode, la voix du Père qui vient du ciel. On comprend que Pierre et ses amis soient dépassés par tout ce qui se passe. Ils vivent une expérience spirituelle où le ciel et la terre sont reliés.

            Nous sommes tous invités à suivre Jésus sur la montagne. Nous n’avons pas souvent de telles expériences, de telles sensations. Mais il y a des expériences dans la foi qu’on ne peut pas expliquer physiquement. Dieu vient à notre rencontre alors qu’on ne le voit pas. Il nous parle alors qu’on ne l’entend pas avec nos oreilles. On l’entend avec notre cœur. Il y a des moments privilégiés où Dieu veut nous marquer par sa présence. Les grands saints et les mystiques ont fait l’expérience d’être transportés et cela peut nous arriver à nous aussi dans notre prière. Et puis des expériences en Eglise, des pèlerinages ou d’autres rassemblements ont pu aussi nous donner de belles émotions inexplicables.

            Ce qui est intéressant, c’est qu’à la fin de cette expérience forte, il n’y a plus de nuée, Moïse et Elie ont disparu, Jésus a repris son allure habituelle mais il est toujours là avec ses disciples. La vie de foi peut connaître des moments forts assez exceptionnels, il y a d’autres moments moins forts mais pourtant Jésus est toujours là. En descendant de la montagne, les disciples vont retrouver leur vie courante. Comme nous après le dimanche, nous retrouvons notre vie habituelle, le travail ou la classe, la famille, nos différentes activités. Jésus est là pour nous accompagner et nous transformer. Lui qui est transfiguré, il nous illumine de l’intérieur, il nous apporte sa lumière et son amour. Savoir qu’il nous aime nous donne de la force.

         Nous allons continuer à marcher vers Pâques. La dernière semaine sera celle de la Passion. Jésus ne sera plus transfiguré mais défiguré par la souffrance. Ensuite il ressuscitera. Il va passer pas la souffrance pour prendre avec lui ceux qui souffrent sur terre et qui sont nombreux et pour les emmener vers la paix auprès du Père, notre Père. Retenons la voix du Père qui dit dans la nuée en désignant son Fils bien-aimé : « Ecoutez-le ».

P. Jean-Christophe Cabanis 

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