Paroisse Colomiers

L’Esprit habite aussi la Création...

IL semble que le pharisien dans cet évangile soit dans l’autosatisfaction. A ses yeux, il fait tout pour être droit, il jeûne, il verse la dîme… Mais il est très centré sur lui-même. Il ne parle pas des autres sauf pour se comparer à eux. Pour lui, tous les autres hommes sont mauvais, et il a une attitude de mépris vis-à-vis du publicain. Il n’a pas non plus besoin de Dieu puisqu’il se justifie lui-même. Jésus aura beaucoup de mal avec les pharisiens. Ce sont les meilleurs connaisseurs des Ecritures et pourtant, ils n’en ont pas compris le sens, le cœur. Le cœur, c’est l’amour, la foi en un Dieu qui nous aime et qui veut que nous nous aimions les uns les autres. Jésus est consterné par les pharisiens parce qu’ils ne veulent pas se laisser surprendre par ce Dieu d’amour, ils préfèrent garder leurs privilèges et leur domination sur le peuple.

Les publicains, eux, avaient mauvaise réputation parce qu’ils collectaient l’impôt pour l’envahisseur romain. Pourtant, le publicain d’aujourd’hui a la bonne attitude, il reconnait sa faute, il demande pardon et il sera pardonné. Ce pardon reçu lui permettra de changer de vie, comme Zachée lorsqu’il a compris qu’il était aimé de Dieu.

La société juive de l’époque souffrait des étiquettes qui étaient collées sur les gens. Il y avait les pharisiens, les scribes, les publicains, les Samaritains, les bergers, les femmes de mauvaise vie… Et les gens étaient jugés selon leur catégorie et non pas selon leur cœur. Nous croyons en un Dieu qui nous aime comme un Père et qui veut que nous soyons fraternels entre nous, sans jugement. Car Dieu seul peut nous juger.

Aujourd’hui aussi nous pouvons être dans le jugement, classer les personnes par catégorie plutôt que d’essayer de connaître l’autre et de l’aimer parce qu’il est un frère ou elle est une sœur.

Les deux pénitents montent au Temple, leur intention est bonne. Mais depuis, le Temple a été détruit, et le nouveau Temple c’est Jésus ressuscité. Nous devons nous aussi aller à ce Temple qui est le Christ pour recevoir son eau jaillissante et être ressourcés dans sa miséricorde. Avec une attitude de pauvres, qui connaissons nos limites : Nous savons que nous ne pouvons pas nous sauver tout seul, que nous ne pouvons être enrichis que par l’amour miséricordieux du Seigneur.

St Paul nous dit dans une de ses lettres que nous sommes tous Temple de l’Esprit. Dans la lettre d’aujourd’hui, adressée à Timothée, il dit combien sa vie à la suite du Christ est difficile et douloureuse. Mais il va au bout de sa course parce que l’amour de Dieu est plus fort que le mal qu’il endure. Il est rempli de force pour proclamer l’évangile à toutes les nations. Nous aussi nous devons être missionnaires comme St Paul. Nous qui sommes temples de l’Esprit, c’est à nous d’aller vers ceux qui cherchent Dieu, vers les pauvres d’aujourd’hui, les pauvres matériels, mais aussi les pauvres spirituels, les pauvres culturels, les personnes isolées. Ce sont les plus pauvres qui peuvent enrichir notre Eglise par leur humilité.

N’oublions pas non plus que l’Esprit-Saint habite tous les hommes. Que toutes nos rencontres humaines soient pour nous comme des pèlerinages parce que l’Esprit de Jésus nous précède chez l’autre.

L’Esprit habite aussi la Création. Que notre rapport à la Création soit fait de pardon, de protection, d’action de grâce.

Que toutes ces rencontres dans le Temple de l’Esprit de Dieu fassent de nous des hommes et des femmes justes pour participer à un monde de justice et de paix.

P. Jean-Christophe Cabanis

Si 35, 15b-17.20-22a ; Ps 33 (34), 2-3, 16.18, 19.23 ; 2 Tm 4, 6-8.16-18 ; Lc 18, 9-14 

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