Paroisse Colomiers

31e dimanche du temps ordinaire, année A

Les textes d’aujourd’hui nous parlent de fraternité et de paternité. Nous avons un seul Père, le prophète Malachie le disait déjà dans la première Alliance, il appelait déjà le Dieu de l’univers notre Père. Alors pourquoi les violences entre les hommes et les trahisons si nous avons le même Père, c’est-à-dire si nous sommes frères ? Jésus insiste là-dessus, nous sommes tous frères et sœurs, à égalité. Nous avons tous la même dignité d’enfants de Dieu. Il n’y a pas de statut supérieur à d’autres dans le plan de Dieu. Alors si certains sont plus instruits que d’autres dans le Peuple de Dieu,  c’est pour être au service des autres mais pas pour être considérés comme supérieurs, ce que faisaient les scribes et les pharisiens de l’époque. St Paul était lui-même pharisien. Il croyait détenir la vérité et se croyait autorisé à arrêter et à martyriser d’autres hommes qui ne croyaient pas comme lui. La rencontre de Jésus ressuscité l’a complètement transformé. Au lieu d’être violent, il est devenu doux : il a la douceur d’une mère avec ses nourrissons dit-il aux Thessaloniciens. Il leur parle comme à des frères très chers. Il est allé jusqu’à eux alors qu’il ne les connaissait pas, et il leur a annoncé et transmis le Parole de Dieu. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à des frères. Il leur a annoncé Celui qui est le grand frère, qui nous apprend à connaître le Père, Jésus-Christ.

Nous sommes appelés alors à vivre la fraternité au niveau communautaire, à avoir de la douceur les uns avec les autres, à avoir le souci de partager la Parole de Dieu, de la célébrer, de la transmettre aux plus jeunes en particulier. A vivre le service en voulant que l’autre grandisse et non pas en voulant le (la) rabaisser. A nous mettre ensemble à l’écoute de notre Père du ciel qui nous invite à aller plus loin. A aller vers des frères et sœurs inconnus. Ceux qui sont d’autres horizons, d’autres cultures, d’autres religions ou sans religion. Ceux qui ont soif de paix et de justice. Ceux qui ont soif de sens. Ceux qui ont soif de fraternité. Notre monde met des gens en concurrence, alors que Jésus nous apprend la communion. Il ne nous apprend pas à être au-dessus des autres, mais au-dessous, comme des serviteurs. « Qui s’abaissera sera élevé » dit-il.

Ce que critique Jésus chez les pharisiens c’est le paraître, qui est une tentation. Ils agissent pour être remarqués, ils aiment les places d’honneur. Jésus nous invite à soigner notre être et non notre paraître. Notre être profond, c’est l’image de Dieu que nous avons en nous, c’est notre identité d’enfants de Dieu. Les Béatitudes que nous avons entendues à la Toussaint nous rappellent que les enfants de Dieu, ce sont des artisans de paix et de justice. Être frères et sœurs universels, c’est rétablir la dignité d’enfants de Dieu chez ceux que la vie a abîmés. C’est faire comme St Paul, aller jusqu’à donner nos propres vies pour nos frères à travers nos différents engagements. C’est pouvoir dire comme lui dans une autre lettre : « Je vis mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » Ga 2,20. Que le Christ soit le maitre de notre cœur, Lui qui nous apprend à aimer notre Père et à aimer nos frères et sœurs comme nous-mêmes.

Père Jean-Christophe Cabanis

 

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