Paroisse Colomiers

32ème Dimanche A

Cet évangile est sévère puisque les jeunes filles insouciantes ne peuvent pas entrer dans la salle des noces. On se demande s’il n’y aurait pas pu y avoir plus de partage entre les jeunes filles qui avaient suffisamment d’huile et celles qui n’en avaient plus. Mais l’huile fait partie de l’identité des jeunes filles comme de la notre. Nous sommes baptisés et nous avons reçu l’onction du saint-chrême. C’est cette onction qui nous permet d’être consacrés et d’avoir une vie de partage tournée vers les autres. Mais nous ne pouvons pas partager ce que nous sommes. Nous pouvons seulement partager ce que nous avons. Avant, on parlait de la parabole des vierges sages et des vierges folles. La sagesse, elle s’acquiert, elle se transmet, mais elle ne se partage pas au dernier moment. On ne peut pas permettre à une personne de devenir sage tout d’un coup, cela prend du temps. 

La sagesse est très bien décrite dans la première lecture que nous avons entendue. Elle est resplendissante, nous dit le texte, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle se trouve assise à notre porte dès l’aurore ! Elle apparaît avec un visage souriant, elle vient à la rencontre de ceux qui la cherchent. Si on avait continué le texte sacré, on aurait lu : « le désir de la sagesse conduit à la royauté ». Cela nous rejoint dans notre vie de baptisés, nous qui sommes des rois et des reines du Royaume. Cette description de la sagesse fait envie. On voit que ce n’est pas insurmontable de devenir sage. Mais on voit aussi que c’est une démarche personnelle, cela demande de la volonté et du temps, mais cela procure surtout beaucoup de joie. La sagesse se transmet, en particulier aux plus jeunes. Aujourd’hui où nous sommes dans la société de l’immédiateté, il faut veiller à ce que les jeunes ne soient pas trop insouciants et superficiels, mais entretiennent la flamme qui est en eux, la flamme de la vie et de l’amour, qui doit être alimentée par l’huile de la foi, de la charité, de la sagesse.

Dans cet évangile, il s’agit de noces, et l’époux nous avons deviné que c’est le Christ. S’il y a des noces, c’est que c’est d’amour dont il s’agit. Le Christ vient dans nos vies, nous ne savons pas quand ni de quelle façon. Mais l’important c’est d’être prêt, de veiller. Veiller sur notre réserve d’huile par notre prière, notre rapport avec la Parole de Dieu, par notre sagesse qui est toujours à faire grandir, à travailler. Nous avons aussi à veiller les uns sur les autres.

En ce temps de confinement, nous pourrions nous endormir, nous dire que nous attendons la fin de cette pandémie pour reprendre notre vie habituelle. Mais Jésus vient au cœur de nos épreuves et de nos tempêtes pour raviver notre amour. C’est lui qui est la Sagesse. Alors continuons à nous rapprocher de lui, à le mettre en premier dans nos vies car c’est lui qui vient ranimer nos flammes, ravitailler notre huile, qui vient nous affirmer que c’est son amour qui est premier et qui est vainqueur. Et nos lampes allumées et notre dimension royale doivent être au service de notre monde qui manque de sagesse, qui manque d’amour, mais que Jésus est venu sauver.

P. Jean Christophe Cabanis

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