Paroisse Colomiers

33ème Dimanche A

Cet évangile parle de talents. A l’époque c’était une monnaie qui valait cher. Mais cela nous va très bien qu’aujourd’hui ce mot ait un autre sens, celui de qualité ou de don. Cet évangile nous parle aussi de confiance. Pour que le maître confie autant de talents à ses serviteurs, c’est qu’il a justement confiance en eux. Il y a une relation entre le maître et ses serviteurs, une relation de confiance.

On remarque aussi que les serviteurs ne reçoivent pas le même nombre de talents à faire fructifier. Ce n’est pas un manque d’égalité, c’est parce que le maître donne des talents selon la capacité des serviteurs à les recevoir. Les serviteurs sont différents, ils n’ont pas les mêmes capacités physiques ou intellectuelles, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas égaux en dignité.

La confiance du maître permet la confiance en soi. Les deux premiers serviteurs, investis de la confiance du maître, font fructifier leurs talents, alors que le troisième serviteur n’a pas confiance en lui, et n’a pas non plus confiance en son maître qui lui fait peur. Il enfouit son talent et ne fait rien de sa vie.

Cet évangile nous fait réfléchir à nos propres talents. A nous de les identifier car nous en avons tous. Et même s’il y en a qui sont moins doués que d’autres, nous avons tous reçu des dons, des talents. A nous de les identifier, de les faire fructifier, de ne pas les enterrer. A nous d’entretenir cette relation avec notre Seigneur qui nous confie nos talents, qui nous confie notre vie aussi, qui confie aussi parfois d’autres vies à ceux qui sont parents. Cette relation d’amour filial entretenue avec le Seigneur, notre foi, nous donne la paix, la confiance, et nous permet de nous tourner vers notre mission. Car les talents qui fructifient, nous pouvons les restituer à Celui qui nous les a confiés à travers nos actions. Cet évangile nous aide à réfléchir à quels sont nos talents et pour qui nous allons les faire fructifier, vers qui les diriger.

Aujourd’hui, la situation globale peut nous faire perdre confiance. Confiance en l’avenir pour les jeunes qui ne trouvent pas de travail, confiance en eux pour ceux dont l’emploi est menacé, confiance dans la société qui a du mal à faire face à toutes ces crises. La confiance en Dieu, la foi est aussi menacée si le culte est rendu difficile. Pourtant, le Seigneur continue de nous confier ses talents. Et nous devons les faire fructifier spécialement en ce moment où le monde vit dans la peur. Ce n’est pas le moment d’enfouir nos talents, de les cacher. Il faut au contraire les mettre au service du bien commun. Au service de l’Eglise qui est signe de l’amour de Dieu. Que pouvons-nous proposer à l’Eglise, à notre communauté, nous qui avons des talents variés, nous qui avons des capacités différentes, mais qui avons la même foi, la même confiance en ce Dieu d’amour ? Si nous mettons nos talents en commun, nous pouvons inventer ensemble comment ils peuvent donner encore plus de fruits.

Au service de la société à travers nos différents engagements où nos talents sont là aussi précieux pour faire vivre la fraternité, la solidarité.

Nous sommes le dimanche du Secours Catholique, où nous sommes invités à prier pour les plus pauvres, qui vivent en marge de la société. Aider les plus pauvres, ce n’est pas seulement au niveau financier, c’est déceler aussi en eux ce qu’ils ont de meilleur au font d’eux-mêmes, leurs propres talents.

Nous sommes tous des enfants de lumière, nous rappelle St Paul. Il nous invite à ne pas rester endormis et à rester sobres. A être vigilants pour savoir désigner Celui qui vient sauver le monde, qui est notre lumière dans la nuit.

P. Jean-Christophe Cabanis

Pr 31, 10-13.19-20.30-31 ; Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5 ; 1 Th 5, 1-6 ;  Mt 25, 14-30 ou Mt 25, 14-15.19-21 

 

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