Paroisse Colomiers

L'Avent : le Dimanche de la joie

C’est le Dimanche de la joie. La première lecture d’Isaïe donne le ton : « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ». Des fleurs sont promises au désert, ainsi que la rosée. C’est surtout la venue du Seigneur qui est annoncée, le Seigneur qui va d’abord s’occuper des malades, des boiteux, des aveugles, des muets : tous seront guéris. Ces guérisons, elles sont annoncées par Isaïe et aussi dans le psaume que nous avons entendu. Et Jésus dans l’évangile a commencé toutes ces guérisons qui étaient annoncées. A Jean-Baptiste qui se pose des questions au fond de sa prison, Jésus transmet le message que les guérisons annoncées s’effectuent , en particulier auprès des plus pauvres, et que c’est bien lui qui doit venir, celui qui était attendu depuis longtemps (Isaïe et le psalmiste ont écrit au moins 600 ans avant J-C).

C’est le Dimanche de la joie. Pourtant, Jean-Baptiste au fond de sa prison doit souffrir. Jean-Baptiste était un personnage austère, très humble parce qu’il savait que sa vie consistait à annoncer celui qui est plus grand que lui. Et même dans son martyre, il l’annoncera. Mais Jean-Baptiste, au fond de lui-même, est joyeux. C’est St Jean l’évangéliste qui nous le dit dans un autre passage. Jean-Baptiste est joyeux au fond de lui d’avoir été choisi comme l’ami de l’époux. C’est un prophète exemplaire. Les prophètes parlent au nom du Seigneur, à toutes les époques, ils parlent à temps et à contre temps, au péril de leur vie. Mais au fond d’eux-mêmes, malgré les risques, ils sont joyeux, joyeux d’avoir cette relation d’amitié, d’amour avec Jésus, qui vaut plus que tout.

St Paul parle aussi des prophètes dans sa lettre lue aujourd’hui. Il insiste sur le fait que les prophètes sont patients, et que, à force de patience, d’endurance, ils sont comme les cultivateurs qui obtiennent de belles récoltes. Nous retrouvons l’idée de faire pousser de belles récoltes qu’Isaïe annonçait dans le désert.

Alors nous nous demandons comment ces promesses se réalisent-elles aujourd’hui ? Le désert, nous savons qu’il gagne du terrain sur la planète, au détriment de beaucoup de populations. Le bilan écologique ne cesse d’alarmer tout le monde. Des guérisons d’aveugles, de sourds, de boiteux, le corps médical en permet, merci à lui, mais il y à ceux qui ne guérissent pas, qui restent infirmes. Et tous les blessés de la vie qui sont toujours plus nombreux.

Les textes d’aujourd’hui nous invitent, comme dans tout ce temps de l’Avent, à préparer la venue du Seigneur. C’est sûr que tout seul, on se sent impuissant devant la dégradation de la planète et tout ce qui va de travers dans l’humanité. Jésus est le Sauveur. Lui seul peut nous sauver. Nous avons avant tout à l’accueillir. Notre cœur est parfois le premier à être un peu sec, à avoir besoin d’être irrigué. La fête de Noël doit renouveler notre cœur. Et si Jésus passe à travers chacun de nos cœurs, alors notre monde ira mieux. Jésus parle des infirmes qui sont guéris. Là aussi, c’est souvent le cœur qui est blessé, qui ne sait pas bien aimer ou qui est mal aimé. Jésus est venu avant tout faire des guérisons intérieures. Il nous rejoint là où nous en sommes, là où nous l’accueillons, et c’est cette proximité qui nous remplit de joie, une joie communicative. Notre monde n’est-il pas avant tout malade d’un manque de joie ?

Nous avons à être des prophètes, à user de patience pour croire que les choses peuvent changer, que les courants peuvent être inversés. Nous ne sommes pas des donneurs de leçons mais des semeurs d’espérance. La prophétie n’est pas une option réservée à quelques uns. Nous sommes tous des prophètes et notre vie de croyants est donnée pour annoncer le Sauveur et pour être au service d’un monde sauvé par amour.

P. Jean-Christophe Cabanis

Is 35, 1-6a.10 ; Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10a ; Jc 5, 7-10 ; Mt 11, 2-11

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article