3ème Dim Carême A La Samaritaine

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Livre de l'Exode 17,3-7. ; Psaume 95(94),1-2.6-7ab.7d-8a.9. ; Romains 5,1-2.5-8. ; Jean 4,5-42.

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Le puits est un lieu de rencontre. C’est un lieu vital, surtout dans les régions arides comme la Samarie où l’eau est rare, mais la rencontre de l’autre est vitale aussi, et le puits est un lieu vers lequel on converge. Ce jour-là, Jésus et cette femme samaritaine sont arrivés au même moment et la femme est étonnée que Jésus, qui est un homme juif, s’adresse à elle pour lui demander de l’eau. Mais pour Jésus, il n’y a pas de frontière, aucune discrimination, il mettra toujours en valeur d’une part les femmes, d’autre part les Samaritains (pensons au ‘’Bon Samaritain’’). Il est là pour faire tomber les préjugés. Jésus a soif d’eau, mais il a aussi soif de rencontres. De rencontres en profondeur. Et la conversation petit à petit va s’approfondir, au fur et à mesure que la confiance s’instaure, et il va rejoindre la femme sur le point le plus sensible de sa vie. Elle a eu 5 maris. C'est-à-dire qu’elle a eu une vie affective instable et sûrement douloureuse. Elle a soif d’un véritable amour. Et Jésus se révèle comme l’eau vive qui est la source de l’amour. Un amour fidèle qui ne déçoit jamais.

Puis ils abordent le registre de la foi. Jésus veut rassembler tous les croyants : Il y a ceux qui adorent sur telle montagne, ceux qui adorent à Jérusalem. Tous attendent le Messie. Jésus vient pour enseigner qu’il n’y a qu’un seul Dieu qui est le Père de tous, et que c’est au cœur de chacun de nous qu’il veut vivre. Ce n’est pas la montagne qui est sacrée, ni le Temple, c’est chaque homme, chaque femme, chaque enfant, qui est temple de l’Esprit. On voit que la conversation est de plus en plus profonde et universelle. C’est toute l’humanité que Dieu veut rejoindre à travers son Messie et Jésus se révèle comme tel : « Je le suis, moi qui te parle ».

Jésus se nourrit de ces rencontres, et en accomplissant la volonté de son Père. Après le départ de la Samaritaine, il contemple les champs. Il n’a pas un regard pessimiste sur le monde mais optimiste : Il voit devant lui des champs à moissonner. Pour qu’une moisson soit réussie, il faut que chaque épi mûrisse. Jésus voit dans chaque épi un enfant de Dieu prêt à donner le meilleur de lui-même. Et il renforcera cette moisson en donnant son Corps pour que le pain soit celui de la vie éternelle. Jésus est à la fois l’Eau vive et le Pain de vie.

Il y a la moisson, il y a aussi la mission. Jésus donne un très bon exemple missionnaire en acceptant l’invitation d’aller demeurer chez les Samaritains. Il va y passer deux jours. La mission passe par la fraternité, par le partage. Jésus a fait tomber les frontières, celle de la peur, celle de l’indifférence. Il y a une même constante dans l’humanité, chez tous les peuple, celle de vouloir croire en l’avenir, d’aspirer à un avenir meilleur fait de paix, de reconnaissance, d’amour. Les Samaritains, ce jour-là, ont été réconfortés dans leur espérance et ont reconnu Celui qui est venu les visiter : « C’est vraiment Lui le Sauveur du monde. »

Notre pape François, dans un de ses premiers textes en tant que pape il y a 4 ans, invitait à vivre la pastorale de la margelle, en référence à cet évangile. Il nous incite à sortir de chez nous, à aller dans les lieux de vie en ayant soif de rencontres et en ayant en nous l’eau vive de la Parole de Dieu et notre foi à partager. Nous vivrons sûrement de belles rencontres en étant à l’écoute de l’autre, personnellement et en Eglise, en nous risquant hors de nos cercles habituels, en rencontrant des croyants d’autres religions, ou bien des incroyants mais qui ont une grande quête de sens en eux. Continuons à vivre ce temps de Carême sous le registre de la rencontre et accueillons la visite de Jésus qui vient au plus profond de nous-mêmes pour nous donner son eau vive.

Père Jean-Christophe Cabanis

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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