Paroisse Colomiers

Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic

Jésus se met en colère dans cet évangile. Il chasse les marchands du Temple : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Ce n’est pas la seule fois que Jésus se met en colère dans l’évangile. Il se met souvent en colère contre les scribes et les pharisiens. Non pas qu’il ne les aime pas, mais il leur reproche de ne pas assez aimer ceux qu’ils sont chargés de conduire. C’est une colère mêlée de tristesse, parce qu’ils font passer le Peuple de Dieu à côté de l’essentiel. Ici, Jésus s’en prend aux marchands du Temple, parce que le Temple, ce doit être un lieu de prière, un lieu de rencontre avec le Père. Il ne doit pas y être question d’argent, et Jésus révoque à partir de ce jour-là les sacrifices d’animaux. Celui qui se sacrifie pour les hommes, c’est lui-même, qui va donner sa vie, et c’est pour cela que Jean-Baptiste l’appelle l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Puis Jésus annonce qu’en trois jours, le Temple sera détruit puis relevé, et là, il parle de lui-même, de son Corps. Jésus opère un déplacement : le lieu de la rencontre avec le Père, ce sera lui-même. Et il nous associe à son Corps puisque nous communions au Corps du Christ. Le Temple, c’est lui-même et c’est nous aussi puisque nous accueillons en nous l’Esprit-Saint. Nous sommes incorporés au Christ et nous avons cette dignité d’accueillir en nous l’Esprit de Dieu. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi avec notre corps. Nous ne pouvons pas le dégrader volontairement et il doit être pour nous un lieu de prière, de rencontre avec notre Père dans le secret. Le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit, c’est aussi l’Eglise dont nous faisons partie. Elle n’est pas qu’une organisation terrestre. C’est le lieu que Dieu est venu habiter, dont nous sommes les bénéficiaires et les responsables. C’est aussi notre Terre qui pourrait devenir Temple de Dieu si nous la respections comme étant la Création à honorer et à entretenir.

Alors, peut-être que Jésus se met aussi en colère contre nous parfois. Lorsque nous détournons notre vie de sa vocation d’être à l’écoute du Père. Nous aussi, il nous arrive peut-être d’être envahis par des mauvaises croyances ou par l’attrait de l’argent ou de tout ce qui est matériel, ou encore par le non-respect de la Création. Notre Eglise est peut-être trop occupée par son organisation, son fonctionnement, et n’offre pas toujours la possibilité de véritablement prier et de rencontrer le Père…

Nous avons aussi entendu le bel énoncé des 10 commandements reçus par Moïse au Mont Sinaï. Il y a les derniers énoncés qui sont, peut-on dire, d’ordre moral. Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas convoiter le bien d’autrui. Tout le monde semble assez d’accord avec ces commandements, qu’on retrouve dans les autres religions et aussi dans la conscience de chaque personne, car créée à l’image de Dieu. Nous n’arrivons pas toujours à suivre ces commandements, et Jésus va les prolonger en disant qu’il ne faut pas seulement ne pas tuer, mais ne pas dire de paroles qui peuvent faire du mal à l’autre. N’oublions pas les premiers commandements de placer Dieu en premier dans nos vies, de respecter le sabbat, c’est-à-dire de laisser du temps à Dieu et aussi aux autres, de ne pas être toujours dans un rythme d’action, mais de laisser du temps à la méditation, à la gratuité. Ne pas se faire d’idole, c’est-à-dire ne pas croire en un Dieu qui serait figé. Nous croyons en un Dieu qui vient vers nous et qui marche vers sa Croix.

St Paul nous invite à croire en ce Dieu d’amour qui se donne à nous par la folie de la Croix. Continuons de marcher à sa suite et d’apprendre à aimer avec lui, en donnant nous aussi notre vie et le meilleur de nous-mêmes au nom de l’amour de Dieu qui nous habite.

Père Jean-Christophe Cabanis

Merci à l'auteur de cette image

 

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