3e dimanche de Pâques

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Cet évangile des disciples d’Emmaüs, nous l’aimons beaucoup, il est très parlant, vivant, vivifiant pour notre foi. Pensons à l’Abbé Pierre qui a fondé les compagnons d’Emmaüs pour être proche des plus démunis. Pensons aussi aux enfants qui préparent leur 1ère communion : Nous nous appuyons sur cet évangile pour leur parler de l’eucharistie.

Nous pouvons apprécier l’attitude de Jésus. Il est discret, il ne s’impose pas, il n’est pas triomphant en disant : « C’est moi le Ressuscité ! » De même qu’il ne se présentait pas non plus avant sa mot et sa résurrection comme étant le Fils de Dieu. Il disait avec modestie qu’il était le Fils de l’Homme. Il partageait notre condition humaine. Et aujourd’hui, il rejoint les disciples là où ils en sont. Il les rejoint dans leur tristesse et ne veut pas qu’ils restent dans cet état. D’abord il les écoute, ensuite il les éclaire, en particulier à partir de l’Ecriture : il était écrit que le Messie souffrirait, mais aussi qu’il ressusciterait. Une lumière peu à peu s’allume dans leur cœur, et même plus qu’une lumière : ils diront que leur cœur était tout brûlant tout en marchant avec Jésus. 

Jésus accepte aussi l’invitation au repas, en toute simplicité. Là non plus, il ne s’impose pas, mais il est toujours prêt à vivre un moment de partage, il accepte toujours nos invitations. Le geste de partage, c’est Lui qui le fait. Il partage le pain, et c’est là que les disciples le reconnaissent. Il a toujours été dans le partage, en particulier au cours des repas. Il a partagé notre condition humaine et il nous partage sa condition de fils et filles du Père. Il nous donne son Père que nous pouvons appeler Notre Père. Il nous donne son Esprit. Il est toujours dans le don, et aussi le pardon.

Ensuite Jésus disparait. Là aussi, c’est sa discrétion qui est à l’œuvre. Il laisse les disciples prendre leur vie en main, leur vie de foi. Et eux vont se précipiter à Jérusalem parce qu’ils savent que la première chose à faire, c’est de partager cette si grande nouvelle que Jésus est ressuscité. Leur vie va se passer en Eglise, avec Jésus présent mais de façon invisible. Toujours aussi discret mais efficace dans son amour. Jésus est présent dans le cœur de chacun et nous aide à vivre en toute liberté.

Cet évangile nous invite à vivre de cette liberté des enfants de Dieu, et à avoir la même attitude que Jésus. A sortir de chez nous (le pape insiste pour que nous soyons une Eglise ‘’ en sortie ‘’), à rejoindre les hommes, les femmes, les enfants, les jeunes d’aujourd’hui en étant à leur écoute, en essayant de comprendre ce qu’ils vivent, ce qui les rend joyeux ou les angoisse. C’est un compagnonnage naturel qu’il nous est demandé de vivre. Accompagner les familles, les personnes seules, ceux dont l’avenir semble bouché. Notre foi en Jésus ressuscité, notre écoute, nos gestes de partage, doivent nous permettre d’apporter de l’espérance autour de nous, de la lumière. Nous sommes invités à nous nourrir toujours plus de la Parole de Dieu pour pouvoir la partager.

Nous sommes invités à accepter les lieux de partage, peut-être ceux qui nous paraissent peu habituels, à faire confiance en l’autre. Que nos eucharisties soient des lieux de partage, de fraternité, d’envoi vers les personnes qui ont besoin de lumière, vers les périphéries d’aujourd’hui où Jésus nous précède et nous attend.

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Actes des Apôtres 2,14.22b-33. ; Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10.11. ; 1Pierre 1,17-21. ; Luc 24,13-35.

 

Publié dans Dimanche

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