Paroisse Colomiers

3ème Dimanche de Pâques A - Les compagnons d’Emmaüs

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Cet évangile est un bon repère pour notre foi en Jésus mort et ressuscité. Et puis, l’abbé Pierre nous l’a rendu familier en fondant son œuvre à partir des plus précaires qu’il a rencontrés et mis en route et qu’il a appelé les compagnons d’Emmaüs.

Nous redécouvrons Jésus le Galiléen à travers cet épisode où il est ressuscité. Jésus est un marcheur, il a toujours parcouru les routes de Judée, de Galilée ou de Samarie avec ses disciples. Non pas pour se promener, quoiqu’il eût aussi ses moments de contemplation de sa Création, mais pour rejoindre le plus grand nombre de personnes, en particulier les plus souffrantes. Jésus a l’initiative de la rencontre, comme avec ces deux compagnons, mais il est discret. Il ne s’impose pas, se laisse plutôt deviner à travers le cheminement, le compagnonnage. Il s’intéresse à ce qui les préoccupe et ils sont contents de pouvoir raconter ce qu’ils ont sur le cœur. La tristesse que celui sur lequel ils avaient tant misé soit crucifié. Pourtant, il n’y a pas que du sombre dans l’histoire, le tombeau a été découvert vide, il y a de la lumière, un espoir que Jésus, par ses questions, permet se faire ressortir.

Jésus redevient enseignant, comme dans la synagogue de Nazareth ou de Capharnaüm, comme sur la montagne ou au Temple de Jérusalem. On aimerait être à la place de Cléophas et de son ami lorsqu’il leur enseigne tout ce qui le concerne dans les Ecritures ! Il leur rappelle qu’un Messie proche des plus pauvres et libérateur était annoncé, un Messie souffrant qui ressusciterait trois jours après sa mort.

Jésus a partagé beaucoup de tables, avec ses disciples, celles des pharisiens ou des pécheurs. A chaque fois il bénissait la table. Il levait les yeux vers son Père. Lui et son Père ne font qu’un. Le repas est plus que de la nourriture partagée. Il est un avant goût du festin sur la montagne qui rassemblera toutes les nations. La fraction du pain est le signe que Jésus se donne lui-même en nourriture.

Jésus est celui qui remplit d’amour. « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant » s’exclament les deux amis. Et cet amour est le moteur de la vie. Les disciples vont vouloir aussitôt partager ce bonheur qui les inonde, qui les brûle, et ils vont repartir sur le champ pour Jérusalem rejoindre les apôtres.

Jésus a fondé une communauté qui va devenir l’Eglise. A partir de tous ceux qui l’ont suivi, les apôtres, les femmes, les disciples comme Cléophas et son compagnon. Puis beaucoup les rejoindront, en particulier de chez les païens. Et l’Eglise ne sera pas fondée pour elle-même, mais pour rejoindre le monde et diffuser ce message d’amour. Les disciples deviennent missionnaires.

En ces temps difficiles, nous nous retrouvons dans la mélancolie des deux disciples au vu des évènements qui traversent le monde. « Quels évènements ? » nous demande Jésus. Alors, faisons le constat de tous les disfonctionnements, les souffrances, mais n’oublions pas ce qui, à travers l’épreuve, est lumineux, tout ce qui nous dit, grâce à notre foi, que Jésus est vivant.

Nous passons plus de temps à prier et à scruter les Ecritures. Est-ce que cela ne nous fait pas chaud au cœur ? Alors bien sûr, l’eucharistie nous manque, nous restons sur notre faim de ne pas pouvoir communier et vivre les rassemblements dominicaux qui nous façonnent. Et même de ne pas avoir de repas ou de moments conviviaux partagés en communauté. Continuons à persévérer dans notre chemin de foi, Jésus nous réserve des surprises. Il est là où on ne l’attend pas mais nous saurons le reconnaître.

P. Jean-Christophe Cabanis

Ac 2, 14.22b-33 ; Ps 15 (16), 1-2a.5, 7-8, 9-10, 11 ; 1 P 1, 17-21 ; Lc 24, 13-35

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Kati Huibant 26/04/2020 17:51

Un grand merci Jean-Christophe pour cette nourriture que tu nous donne régulièrement.

Kati Huibant 26/04/2020 17:49

Un grand merci pour cette nourriture que tu nous donnes régulièrement.

Olivier Chancel 26/04/2020 09:00

Bonjour et merci Jean Christophe, une belle homélie ! Elle est inspirante et à n'en pas douter "inspirée". Oui, tu as raison, nos rassemblements dominicaux nous manquent, nous façonnent, et tout aussi certainement tu nous faconnes ! Donc merci !