Paroisse Colomiers

La Visitation, la fête de Noël approche...

Merci à l'auteur de cette image

Cet évangile est plein d’empressement et de joie. Marie est si heureuse d’avoir été choisie pour être la mère du Sauveur, si heureuse aussi que sa cousine Elisabeth attende elle aussi un enfant, alors qu’on la croyait stérile… Elle est si heureuse qu’elle se met en route pour la rencontrer, pour qu’elles se communiquent leur joie. Mais le plus joyeux, ou le premier qui exprime sa joie, c’est Jean-Baptiste dans le ventre de sa mère ! Il n’est pas encore né et c’est lui qui perçoit la venue du Seigneur et qui trésaille d’allégresse à son arrivée. Jean-Baptiste est prophète avant de naître. Toute sa vie, il désignera Jésus, celui qui est plus grand que lui, l’Agneau de Dieu… Il sera aussi prophète à travers son martyre, annonçant le martyre que Jésus subira. A propos de martyre, il vient d’y avoir à Oran le 8 Décembre la béatification des 19 martyrs d’Algérie dans les années 1990. Parmi eux, les 7 moines de Tibhirine dont Christian de Chergé le prieur. Or cet évangile de la Visitation était celui que préférait Christian de Chergé. Il aimait cet évangile parce que pour lui, leur présence en Algérie était de l’ordre de la Visitation. Ils étaient porteurs du Christ par leur foi, par leur présence et leur vie de prière. Ils n’étaient pas là pour convertir les Algériens mais pour aller à leur rencontre. Les Algériens étaient pour la plupart musulmans, ils étaient aussi porteurs de leur foi à leur façon, porteurs d’un message de Dieu, comme Elisabeth qui portait Jean-Baptiste. Et toute la vie de Christian de Chergé a consisté à donner sa vie dans une prière et une vie communautaire orientées vers ces rencontres et ces amitiés hors de son pays et de son Eglise. La plupart du temps dans la joie, par une proximité de voisinage fraternelle. Mais il savait que certains n’étaient pas disposés à la rencontre dans la joie et qu’ils avaient fait le choix de la violence. Ceux-là n’étaient pas les plus nombreux mais les plus redoutables. Christian pardonnera dans son testament celui qui le tuera parce qu’il s’y attendait. Il l’appelait « l’ami de la dernière minute ».

Nous sommes aussi invités à vivre la visitation dans notre vie de foi. Cela peut-être aussi dans notre rapport avec les musulmans. En vivant des rencontres où nous sommes invités à découvrir le message de Dieu que l’autre porte en lui ou en elle. Et puis, il y a aussi tous les non-croyants que nous rencontrons, les agnostiques, ceux qui sont loin de nos églises. Ils sont pourtant porteurs de valeurs, porteurs de qualités humaines qu’on ne soupçonne pas. Et ils peuvent même nous parler de Dieu sans le savoir car ils sont aussi créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Ces textes nous invitent aussi à l’humilité. Marie et Elisabeth sont très humbles, elles ne se mettent pas en avant. Et le prophète Michée dans la première lecture nous prévient que celui qui va naitre et qui sera le berger du peuple va naître à Bethléem, un endroit un peu perdu, qui n’a pas du tout le lustre de Jérusalem. Cette fête de Noël qui approche doit nous tourner vers les lieux ou les personnes les plus humbles, les plus petites, parce que c’est là que Jésus veut naître, au milieu d’elles. Que cette fête de Noël qui approche nous remplisse de joie, et que cette joie, nous sachions la communiquer, la diffuser, comme les scouts le font avec la lumière de Bethléem distribuée aujourd’hui.

Père Jean-Christophe Cabanis

Mi 5, 1-4a ; Ps 79 (80), 2a.c.3bc, 15-16a, 18-19 ; He 10, 5-10 ; Lc 1, 39-45

 

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