Paroisse Colomiers

La joie d’être pécheur pardonné.

Nous aimons tous cet évangile qui est très beau. Il ne faut pas oublier le début de cette parabole : On reproche à Jésus d’aller manger chez des pécheurs. Mais qui n’est pas pécheur ? Nous le sommes tous, c’est pour cela que Jésus est venu jusqu’à nous, pour nous sortir de notre péché, pour nous pardonner. Nous sommes tous dans la situation de l’un des deux fils de la parabole.

Quel est le péché du fils cadet qui demande sa part d’héritage à son père et s’en va ? C’est qu’un héritage, ça ne se demande pas, ça se reçoit. Et normalement, on le reçoit lorsque nos parents meurent. Alors que là, en demandant sa part d’héritage, c’est comme s’il n’a plus besoin de son père. Il coupe les ponts, c’est cela le péché, il coupe la relation d’amour. Et le résultat c’est qu’il devient malheureux. Il a dépensé son argent sans avoir rien construit, et ensuite il n’a plus rien, et il a faim. Et c’est là qu’il se souvient de son père. Il va revenir vers lui, lui demander pardon, mais il sait qu’il n’est pas digne d’être appelé son fils.

Le père, lui, n’a pas coupé la relation. Durant tout ce temps d’absence, qui a duré longtemps semble-t-il, il a attendu son fils. Il était triste et inquiet mais son amour n’était pas mort. Et au retour de son fils, il l’a embrassé, il lui a montré tout son amour, il lui a redonné de beaux vêtements, signes d’une dignité retrouvée. C’est ainsi que le Père du ciel est avec nous. Il nous laisse libre, parfois nous faisons un bon usage de notre liberté, mais parfois nous nous égarons. Notre Père est toujours là pour nous ouvrir les bras, pour nous montrer son amour, pour nous rendre notre dignité.

Alors on peut comprendre la réaction du fils aîné. Lui n’a pas fait de bêtise et pourtant on ne fait pas de fête pour lui. Mais ce fils ne raisonne qu’avec sa tête et pas avec son cœur. Son cœur devrait se réjouir que son jeune frère soit revenu alors qu’il avait disparu. Il est jaloux et cela ne le rend pas heureux. Lui aussi est un pécheur parce qu’il voudrait couper la relation avec son jeune frère. Il a lui aussi sa misère, celle de manquer de cœur.

Le père aime autant ses deux fils et il souffre de la distance qu’il y a entre eux deux. Alors cette parabole, elle nous parle de notre relation avec Dieu et aussi avec les autres qui sont tous des frères. Dieu nous aime comme un Père et il nous veut libres. Faire des expériences, avoir son indépendance, c’est important, mais il ne faut pas couper les ponts. Il est vital d’entretenir notre relation au Père, par la prière, en particulier, et aux autres par un comportement fraternel qui ne juge pas.

St Paul dans sa lettre nous dit que nous sommes des ambassadeurs du Christ, nous qui sommes réconciliés avec lui. Que la réconciliation que nous vivons, le pardon que nous recevons, nous aide à pardonner nous-mêmes, à être des ambassadeurs du Dieu miséricordieux auquel nous croyons. Être des ambassadeurs est une belle responsabilité. Cela renvoie à d’autres pays ou des personnes qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer vers lesquelles nous sommes envoyés. Soyons dignes de cette mission en communiquant notre joie d’être des pécheurs pardonnés.

Père Jean-Christophe Cabanis
 
Jos 5, 9a.10-12 ; Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7 ; 2 Co 5, 17-21 ; Lc 15, 1-3.11-32
Merci à l'auteur de cette photo

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article