4e dimanche du temps ordinaire, année A.- Les béatitudes

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Livre de Sophonie 2,3.3,12-13., Psaume 146(145),7.8.9ab.10b. 1Corinthiens 1,26-31., Matthieu 5,1-12a.

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C’est l’humilité qui ressort de ce passage du prophète Sophonie qui parle du Peuple saint, du petit reste. C’est l’humilité qui est caractéristique du Peuple de Dieu, mais aussi des saints, à commencer par Marie, Joseph, Jean-Baptiste. Et Jésus bien sûr. Il a pris la condition la plus humble en se faisant homme, il ne s’est pas mis en avant, ce sont plutôt les évènements qui l’ont mis en avant. Il a pris notre humanité. Humanité, humilité, humus, c’est le même terreau… L’humanité devrait être humble, c’est son orgueil qui fait son malheur alors que Dieu veut notre bonheur.

Et la première Béatitude  concerne l’humilité : « Heureux les pauvres de cœur » pourrait être  traduit par « Heureux les humbles ». Le pauvre de cœur, c’est celui qui est modeste, qui connait ses limites et qui se tourne vers Celui qui est sans limite. Le pauvre de cœur se tourne vers Dieu parce qu’il sait que c’est Lui qui l’enrichit. Et cela le rend heureux. C’est le bonheur que Dieu veut pour chacun d’entre nous, un bonheur de l’être et non de l’avoir, un bonheur du cœur. Jésus est venu nous remplir de ce bonheur si nous en avons soif parce qu’il est l’eau vive, si nous en avons faim en nous donnant son Corps. Soyons humbles, reconnaissons nos pauvretés pour que Jésus vienne nous enrichir de sa présence, de son amour.

Les Béatitudes sont aussi beaucoup tournées autour de la justice. Elles inaugurent tout le sermon de Jésus sur la montagne où il est beaucoup question de justice. La justice de Dieu qui dépasse celle des hommes. On n’est plus dans « oeil pour œil, dent pour dent », mais dans le pardon de l’adversaire, dans l’amour de l’ennemi. La justice est liée au bonheur. On n’est pas heureux tout seul. Si quelqu’un vit une situation d’injustice, on ne sera pas heureux sans lui. On fera tout pour le libérer, pour être artisan de paix et de justice.

La vie à la suite de Jésus est une vie engagée. Une vie qui n’est pas de tout repos parce que les situations d’injustice ou de souffrance sont nombreuses, mais une vie qui rend heureux, même si elle peut passer par des persécutions que Jésus annonce. Le bonheur, il est dans l’engagement, il est dans la fraternité, où il s’agit de consoler ceux qui pleurent et d’exercer la miséricorde.

Le bonheur, il est aussi à venir, il est à accueillir, c’est le Royaume des Cieux que Jésus promet. Il veut nous partager son Royaume car nous sommes aussi fils et filles de Dieu. Nous sommes héritiers du Royaume, il compte sur nous pour construire ce Royaume de la fraternité, de la justice, du bonheur. Un Royaume inversé où les derniers sont les premiers. Où les plus humbles ont la première place.

Nous avons aussi entendu St Paul qui nous rappelle que Dieu a choisi les plus faibles pour confondre les forts. Aujourd’hui où notre monde est plus que jamais dirigé par les plus forts, par ceux qui ont le plus d’argent, sachons nous tourner vers les plus humbles, les plus petits, les plus pauvres, car c’est là que commence le Royaume. Sachons nous tourner vers le Christ car, comme dit St Paul, il est notre justice, notre sanctification, notre délivrance.

Comme lui, que notre seul orgueil soit de suivre le Christ, d’être à sa suite des artisans de paix, de justice, de miséricorde. Heureux sommes-nous d’avoir été choisis, cultivons notre humilité à l’image du Christ.

Père Jean-Christophe Cabanis

 

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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