Paroisse Colomiers

4e dimanche ordinaire, année B

Nous sommes encore au tout  début de l’évangile de St Marc. Jésus vient d’être baptisé, de vivre son expérience de 40 jours au désert, et c’est la première fois qu’il parle avec autorité dans la synagogue. Tout le monde est étonné : « Il parle avec autorité et non pas comme les scribes ».  Il ne répète pas une leçon, il s’engage, il parle en son nom. Et celui qui réagit, c’est l’esprit impur, qui visiblement est dérangé alors qu’il ne l’était pas avant que Jésus arrive. Les scribes ne pouvaient pas l’empêcher de nuire. Alors que Jésus va le chasser et l’homme va retrouver la paix. Nous voyons que l’enseignement de Jésus et son action sont liés. Jésus ne fait pas que parler, ou plutôt sa parole libère. Nous ne savons pas bien quel est cet esprit impur ou mauvais, mais il empêche l’homme d’être lui-même. Puisque l’homme ne parle pas, c’est seulement cet esprit qui parle à sa place. On peut parler d’un exorcisme, même si cette notion est vague. Nous savons que le mal existe, qu’il apparait sous différentes formes. Nous nous interrogeons sur sa nature, et surtout comment le combattre. Cet évangile nous dit que seul Jésus peut le combattre en nous, avec nous. Tout l’évangile parle de ce combat que Jésus va mener, qui va le mener jusqu’à la croix. Et sur la croix, il va encore vaincre le mal par son pardon, et par sa résurrection.

Le mal est le drame de l’humanité de tous les temps, et spécialement aujourd’hui. Notre foi nous aide à lutter contre le mal, en nous et dans le monde. En nous d’abord : notre foi, notre rapprochement avec le Christ nous éclaire et fait sortir de l’ombre ce qui nous fait du mal. Nous expérimentons le pardon que Jésus nous donne pour nos fautes, nos mauvaises habitudes, nos péchés. Il faut accepter de se laisser regarder par le Christ, d’être vrai. Ensuite autour de nous, notre monde est difficile. Le rythme de vie est rapide, les repères sont difficiles à trouver surtout chez les jeunes, il y a de grandes pauvretés sociales ou affectives. Il y a de la violence et la souffrance, et parfois des solutions pour s’en sortir qui, au contraire, rajoutent de la souffrance comme les addictions. Il y a un mal-être. Ce mal-être a besoin qu’on se penche sur dessus. Les personnes qui le vivent ont besoin d’être considérées, d’être aimées, d’être reconnues pour ce qu’elles ont de meilleur au fond d’elles-mêmes.

La première lecture insiste sur la notion de prophète. Un prophète dénonce le mal et annonce le bien. Nous sommes tous prophètes à la suite du Christ et notre Eglise est prophétique. Elle doit dénoncer le mal qui provient de l’injustice, des inégalités, de la violence, et doit faire du bien au nom du Christ par l’attention portée à chacun, à commencer par les plus petits, par un regard, une parole, un discours qui soient pleins de compassion. Continuons à aller à la source de l’enseignement du Christ par notre prière, la méditation de la Bible, la vie communautaire, pour faire le plein d’amour et être prêts à participer à un monde où le mal est vaincu par l’amour.

Père Jean-Chirstophe Cabanis

 

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