Paroisse Colomiers

Homélie - 5ème Dimanche Carême A

Il y a beaucoup d’amitié dans cet évangile. Jésus aimait cette fratrie : Marthe, Marie et Lazare. C’était un peu comme sa famille. Jésus a pleuré devant le tombeau de son ami, c’est la seule fois qu’on le voit pleurer dans l’évangile.
Pourtant, Jésus ne s’est pas précipité pour venir le sauver, pour l’empêcher de mourir. C’est au bout de 2 jours après avoir été prévenu de sa maladie qu’il va effectuer son déplacement. Jésus est libre, personne ne lui dicte son agenda, pas même la maladie ou la mort de ses proches. Il est libre aussi dans ses déplacements. Parce que s’il y a un climat d’amitié, c’est aussi la peur qui règne. Jésus est recherché. Lui qui a toujours fait du bien, on cherche à l’éliminer. Ses apôtres l’accompagnent. Eux qui se disperseront au moment de l’arrestation de Jésus, ils vont l’accompagner avec courage, et ce courage est exprimé par Thomas : « Allons-y nous aussi pour mourir avec lui ».
Il y a cette peur mais c’est l’amour qui l’emporte. Jésus se rend sur place pour partager la peine de ses amies. Et il y a deux très belles rencontres avec chacune des deux sœurs. Marthe et Marie expriment chacune le même reproche à Jésus : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Mais Jésus veut les amener plus loin que leur peine immédiate. Il ne parle pas de mort mais de vie, de résurrection. Il dit à Marthe : « Ton frère ressuscitera… Je suis la résurrection ». Et Marthe va faire une belle affirmation de sa foi : « Oui Seigneur je le crois : Tu es le Christ ». Jésus n’est pas seulement l’ami de la famille, il est le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde !
Marie, elle, se jette aux pieds de Jésus, c’est sa façon d’exprimer sa foi, de reconnaître qu’il est le Seigneur. Jésus est saisi d’émotion par deux fois, il pleure. Et finalement, il va redonner la vie à son ami Lazare, il va le faire sortir du tombeau, lui qui y était depuis 4 jours. Jésus est la vie, c’est lui qui donne la vie, après avoir levé les yeux vers son Père pour recevoir de lui ce don.
 
En cette période où nous parlons beaucoup de maladie et de mort, on peut se demander pourquoi le Seigneur n’intervient pas de façon plus directe. Il y a sûrement des familles qui voient disparaître un être cher brusquement et qui font un reproche à Dieu (tout bas ou exprimé à haute voix) : « Seigneur, si tu avais été là, mon parent ne serait pas mort ».
Ce que Jésus recherche dans notre relation avec lui, c’est l’amitié et la croissance de notre foi. Par rapport à ce qui se passe, le Seigneur prend la mesure de ce qui arrive, de la pandémie. Il vient au cœur de la détresse, il pleure avec ceux qui pleurent, il se réjouit avec ceux qui sont dans la joie. Mais il n’est pas dans l’immédiateté dont nous sommes tous dépendants. « Mon heure n’est pas encore venue » dit-il souvent dans l’évangile de St Jean. Son heure, c’est quand il sera élevé sur la croix, quand il donnera sa vie pour sauver tous les hommes, quand il mourra et ressuscitera. La résurrection de Lazare est un signe de sa propre résurrection.
En cette période où nous avons du temps, si nous ne sommes pas sur le front de l’évènement comme les soignants ou les parents de jeunes enfants, c’est l’occasion de creuser notre foi, d’entrer dans ce dialogue avec Jésus comme l’a fait Marthe. D’entendre Jésus affirmer et nous poser la question : « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
 
Nous avons aussi entendu St Paul nous rappeler que nous vivons déjà de la vie de ressuscités, nous vivons déjà de l’Esprit-Saint : « L’Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous ». L’Esprit nous aide à ne pas vivre sous l’emprise de la chair. L’Esprit nous fait participants du Corps du Christ. Notre société est touchée mais nous devons faire corps, d’abord en Eglise, grâce à notre vie fraternelle. Et beaucoup de marques de fraternité et d’attention sont données aux uns et aux autres, aux uns par les autres. Mais aussi au-delà, montrer que la fraternité n’a pas de frontière. Que la maladie peut être vaincue par l’amour. Par le Christ qui a donné sa vie pour nous sauver. Crois-tu cela ?
Père Jean-Christophe Cabanis

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