Paroisse Colomiers

La violence ?

Cet évangile est violent. Ou plutôt il a failli être violent : Jésus a empêché que cette femme soit lapidée, c’est-à-dire tuée à coup de pierres. Ce sont les scribes et les pharisiens qui l’accusent, mais en fait ce qu’ils veulent, c’est piéger Jésus. Jésus les dérange, ils pensent qu’il veut prendre leur place. Et cette femme leur sert d’alibi pour le piéger. La loi dit qu’elle doit être lapidée, que va dire Jésus ? Jésus va s’adresser à cette femme, il va lui parler, elle n’est pas un objet mais un sujet, elle est un enfant de Dieu. Il va lui dire : « Je ne te condamne pas… va et ne pèche plus. »

Alors c’est vrai que cette femme a commis un péché grave, c’est l’infidélité. Elle l’a commis avec un homme qui lui, n’est pas accusé, pourquoi ? L’infidélité fait souffrir toutes les familles, c’est un mal. Mais Jésus fait confiance à cette femme, il lui pardonne, il lui offre un chemin nouveau.

Les infidélités, elles ne sont pas qu’entre un homme et une femme. On peut être infidèle par rapport à des engagements qu’on a pris, par rapport à l’amitié, par rapport à la foi, si on oublie Dieu. A nous de reconnaitre nos infidélités. Dieu lui, est fidèle, il ne nous oublie pas. Jésus est fidèle, il nous aime jusqu’au bout, jusqu’à donner sa vie. C’est cela la fête de Pâques.

La violence, Jésus a permis de l’éviter à cette femme grâce à sa formule pleine de bon sens : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Ils sont tous partis les uns après les autres, se sachant tous pécheurs, comme nous tous. La violence, Jésus la prendra sur lui lors de sa Passion, lorsqu’il sera arrêté, jugé injustement, raillé, crucifié. Mais même sur la croix, il va pardonner à ses bourreaux. Il va ressusciter après sa mort : l’amour, la non-violence, l’emportent sur le mal, l’infidélité.

Dans le livre d’Isaïe, il est question d’un désert et d’un ruisseau que Dieu envoie pour irriguer et faire fructifier le désert. Le désert où rien ne pousse gagne sur notre planète à cause du réchauffement climatique. Tout le monde s’inquiète, certains prennent de bonnes décisions pour le diminuer. Mais il y a aussi le désert de l’indifférence, de l’individualisme. Là aussi nous pouvons agir et le Seigneur nous y aide. C’est l’eau de notre baptême, c’est l’eau de tout ce que l’on peut vivre comme partage.

Père Jean-Christophe Cabanis

Merci à l'auteur de cette photo

 

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