Paroisse Colomiers

Annoncer l’évangile, c’est une nécessité qui s’impose à moi

Il y a trois lieux distincts dans cet évangile. Et cinq si on tient compte de ce qui vient de se passer et ce qui va arriver. Jésus vient de partir de la synagogue où il a enseigné et guéri un démoniaque. Il se rend à la maison de Pierre, c’est le lieu de la famille. Il va guérir quelqu’un encore, cette fois-ci c’est la belle-mère de Simon. Il va la remettre debout et lui redonner sa place dans la maison, qui est celle du service.

Ensuite, il va aller devant la maison. C’est le lieu public où toute la ville vient à lui. Là encore, il va faire des guérisons et expulser des démons. Jésus fait l’unité par sa présence, il rassemble, car le bien attire alors que le mal disperse, divise. Enfin, nous retrouvons Jésus dans un endroit désert, la nuit, car il a besoin de se ressourcer, de prier. C’est le lieu de la prière et de la solitude. Même si Jésus n’est pas seul puisqu’il est avec son Père. Il se ressource dans son amour, parce que si Jésus effectue des guérisons, c’est par sa force d’amour. La souffrance, il la combat uniquement par son amour, qui le conduira jusqu’à la croix d’où il sortira vainqueur. Et cette force va le conduire à se déplacer, parce que lorsque ses apôtres qui le cherchaient l’ont trouvé, il leur dit : « Allons ailleurs ». D’autres villages l’attendent dans toute la Galilée. C’est un cinquième lieu finalement, l’ailleurs ! Jésus ne se fixe pas, parce que l’amour n’est pas statique, il est en mouvement.

Il y a plusieurs lieux dans cet évangile, mais il y a une constante, c’est la lutte contre le mal que mène Jésus, et qu’il mène victorieusement puisqu’il guérit les malades et expulse les démons. Il met de l’ordre là où il y a du désordre et de la souffrance. Il y a une attente de son passage et son passage est toujours fécond, il fait toujours du bien par ses paroles et par ses gestes.

La souffrance, elle est exprimée par Job dans la première lecture. C’est la souffrance du juste qui a tout perdu, sa famille, sa santé, sa richesse. Il est révolté et désemparé mais il garde sa foi. Et il ne sera pas oublié par le Seigneur qui le visitera et lui rendra la santé et la joie. Jésus est venu pour visiter tous les hommes, les femmes, les enfants, en particulier ceux et celles qui sont le plus en souffrance. On peut se demander de quelle façon il fait du bien aujourd’hui auprès de tous. La réponse est en nous : Il passe par nous qui avons revêtu le Christ par notre baptême, selon l’expression de St Paul. Paul, nous l’avons entendu dans la deuxième lecture. C’est le missionnaire par excellence. Annoncer le Christ, c’est sa vie. « Malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile ! » dit-il. Lui qui a été retourné par le Christ, qui a senti un amour débordant de sa part, il ne peut que l’annoncer. Alors, nous aussi, même si nous n’avons pas toutes les qualités de Paul, nous avons nos propres qualités que nous avons à développer au service de notre foi et du Royaume. Nous aussi, nous devons habiter ces quatre lieux qui sont l’église comme lieu de rassemblement et d’enseignement. La famille, car nous avons tous nos familles et l’évangile commence par se vivre en famille, par l’amour au service des uns et des autres, des enfants aux personnes âgées. Nous devons aussi aller sur les lieux publics, là où tant de gens attendent d’être rassemblés, d’être pris en compte pour ce qu’ils sont, avec leurs vies mêlées de joies et de souffrances. Tous attendent d’être reconnus dans leur dignité d’enfants de Dieu, même ceux qui nous paraissent être les plus loin. Et puis, demandons-nous quels sont nos lieux de ressourcement et de prière. Comment rechargeons-nous les batteries de notre foi et de notre cœur ? Et le cinquième lieu de l’ailleurs, du déplacement doit aussi nous interroger. Nous devons toujours aller plus loin, accepter les déplacements, nous demander où l’évangile est-il attendu ? Sans être instable : il ne s’agit pas de vivre les déplacements comme une fuite, mais d’accepter de suivre Jésus dans l’imprévu où il nous conduit. « C’est pour cela que je suis sorti » dit Jésus de façon énigmatique. Le pape François parle aussi d’une Eglise en sortie, prête à se risquer là où l’évangile est attendu. Comme St Paul, sachons dire chacun que « annoncer l’évangile, c’est une nécessité qui s’impose à moi ».

Père Jean-Christophe Cabanis
Jb 7, 1-4.6-7 ; Ps 146 (147a), 1.3, 4-5, 6-7 ; 1 Co 9, 16-19.22-23 ; Mc 1, 29-39

 

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