Paroisse Colomiers

5e dimanche du temps ordinaire, année C

Cet évangile est très beau, surtout si on essaie d’imaginer la scène et le paysage autour du lac de Galilée. Il nous invite, à la suite de Simon-Pierre, à aller toujours plus loin. Jésus enseignait au bord du lac depuis la barque de Simon. C’est déjà pas mal d’être à l’écoute de l’enseignement de Jésus. Pourtant, ce n’est que le début. Jésus demande d’aller en eaux profondes. Il rejoint Simon-Pierre et ses amis dans ce qu’ils savent faire, aller à la pêche, mais il va leur donner de changer de dimension. Les filets qui étaient vides seront pleins de beaux poissons, et ce qui compte, c’est le sens que donne Jésus. Ce ne sont pas des poissons que Pierre et ses amis vont pêcher désormais à sa suite, mais ce sont des hommes. C’est une formidable aventure humaine qui commence. Pierre a le vertige devant la quantité de poissons, devant Jésus dont il se rend compte de la grandeur et de sa propre petitesse en comparaison. Mais Jésus lui fait confiance, et Pierre et ses amis vont suivre Jésus pour être à sa suite des pêcheurs d’hommes.

Jésus nous fait confiance à nous aussi. Il connait aussi nos qualités professionnelles, familiales… Il veut nous faire aller plus loin. Il veut nous faire avancer en eaux profondes. C’est l’aventure de la foi, de la vie intérieure qui est insondable. Jésus nous a repêchés, nous qui avons nos limites, nos faiblesses, il compte sur nous pour être des pêcheurs d’hommes, aller à la rencontre de ceux et celles qui sont en attente d’être éclairés par la lumière du Christ. Et les rencontres que Jésus permet nous réservent de belles surprises.

Paul, que nous avons entendu en deuxième lecture, est un bel exemple d’une belle prise dans les filets de l’amour de Dieu. Lui qui avait de grandes qualités d’intelligence mais se fourvoyait sur un mauvais chemin lorsqu’il persécutait les premiers chrétiens, Jésus l’a retourné sur le chemin de Damas. Il l’a illuminé de son amour et de son pardon, et il en a fait un de ses premiers missionnaires, un Apôtre comme il s’appelle lui-même pour annoncer la Bonne Nouvelle que Jésus est vivant, ressuscité. La grâce de Dieu n’a pas été stérile en lui, nous dit-il. Sa vie a été féconde, il n’a plus servi la mort mais la vie, la vie éternelle.

Nous avons aussi entendu Isaïe dont la bouche a été brûlée par la Parole de Dieu et qui a accepté d’être un envoyé, un messager du Seigneur. Nous aussi, laissons-nous brûler par l’amour de Dieu qui passe par sa Parole pour être ses messagers.

Nous sommes le Dimanche de la santé, et nous prions pour tous les malades mais aussi les soignants. Le monde de la maladie, physique ou psychologique, comme celui des hôpitaux, cliniques et maisons de retraite est un comme un grand lac, dans lequel on peut se noyer. On peut rester au bord du lac pour recevoir des instructions, mais après il faut prendre le large pour rejoindre ceux qui sont dans la souffrance physique ou morale. Il faut surtout ne pas oublier de prendre Jésus avec nous dans la barque et d’écouter ses bons conseils pour jeter les filets de son amour. Jésus ne guérit pas tous les malades mais il les sauve tous, il les aime tous et veut leur montrer son amour. A nous d’être ses messagers, ses témoins. Et de nous entraider, comme les deux barques de l’évangile se sont complétées pour ramener tous les poissons sur le rivage.  Et demandons-nous enfin ce que nous avons à quitter pour suivre Jésus et être des pêcheurs d’hommes.

Père Jean-Christophe Cabanis
Is 6, 1-2a.3-8 ; Ps 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 4-5, 7c-8 ; 1 Co 15, 1-11 ; Lc 5, 1-11
Merci à l'auteur de cette photo

 

 

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