Paroisse Colomiers

Que notre oui soit oui, que notre non soit non !

Nous sommes sur la montagne avec Jésus, Jésus y parle longuement. Il enseigne. Il enseigne le bonheur puisque ce discours commence par les Béatitudes : « Heureux… » Il enseigne ce qu’est le Royaume des Cieux et comment y entrer. Il enseigne la fraternité : Ce qui est marquant dans l’évangile d’aujourd’hui, c’est que Jésus emploie beaucoup le mot de « frère » pour parler de celui avec lequel on a un différend. Et ce n’est pas pareil de parler avec quelqu’un avec qui nous n’avons pas de lien qu’avec un frère ou une sœur. Or nous sommes tous des frères et des sœurs. Jésus nous le dévoile dans ce même discours sur la montagne, puisque c’est là qu’il enseigne à ses disciples la belle prière du Notre Père. Et il invite à une relation personnelle avec le Père par le jeûne, la prière et le partage. (« Le Père te voit dans le secret »). Si nous avons le même Père, c’est que nous sommes frères et sœurs !

Ce sur quoi Jésus insiste aussi dans ce discours, c’est la justice. La justice de Dieu qui surpasse celle des hommes. La justice, elle passe par la loi. Jésus est venu accomplir la loi de Moïse, et non pas l’abolir, dit-il. La justice de Dieu, celle du Royaume, va plus loin que celle de Moïse. « On vous a dit… moi je vous dis » répète Jésus. Aujourd’hui, c’est essentiellement autour de trois sujets qu’il insiste : La violence, la convoitise et le parjure.
La violence extrême, c’est le meurtre (« Tu ne tueras pas »). Mais la parole peut aussi faire très mal et Jésus demande de ne pas proférer d’insulte. Face à la violence et à son engrenage, il prône la maîtrise de soi et la non-violence, la réconciliation, le dialogue. Il demande aussi de la cohésion dans sa vie de foi : « Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère ». La vie de foi est au service de la réconciliation et de la paix, il n’y a pas de fracture entre la vie de foi et la vie de tous les jours. Notre offrande, en particulier à la messe, c’est celle qui apporte toutes nos réconciliations, tous nos efforts de dialogue et de fraternité.
Jésus dénonce aussi la convoitise, qui menée au plus loin par rapport à la femme ou au mari de quelqu’un d’autre s’appelle l’adultère. Jésus dénonce le fait de vouloir s’approprier l’autre, en faire son objet, même par le regard. Alors que l’autre est un sujet, un enfant de Dieu au même titre que nous, elle est une sœur, il est un frère. Jésus demande de prendre des moyens radicaux pour ne pas succomber à la convoitise. Il exagère lorsqu’il parle de s’amputer d’un œil ou d’une main, mais sans aller jusque là, demandons-nous si notre rapport à l’autre est complètement chaste et fraternel, ou s’il y a des dispositions à prendre pour ne pas vouloir posséder l’autre, mais avoir une relation complètement libre et respectueuse.
Jésus demande de ne pas jurer, ni par le ciel, ni par la terre, ni sur sa tête. On ne sait pas trop à quoi correspondent ces serments et ces parjures, qui peuvent être des paroles en l’air ou des mensonges, mais ce qui compte pour Jésus, c’est d’être vrai : Que notre oui soit oui, que notre non soit non ! L’important, c’est d’engager toute sa personne quand on prend une décision. L’important, c’est d’être fidèle à soi-même, fidèle au Seigneur qui met en nous tout son amour, qui nous confie son Esprit-Saint et sa sagesse, qui nous confie la dignité d’être des enfants de Dieu et des frères et sœurs universels. 
Le psaume que nous avons entendu nous invite aussi au bonheur : « Heureux les hommes intègres dans leurs voies… qui cherchent le Seigneur de tout cœur ». Visons l’intégrité. Sachons mettre en application dans nos vies ces commandements du Seigneur qui sont exigeants, qui nous demandent de nous surpasser, mais qui nous rendent heureux. Sachons communiquer ce bonheur à tous les chercheurs de Dieu, à tous les amoureux de la justice.

P. Jean-Christophe Cabanis

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