Paroisse Colomiers

Ce qui compte avant tout, c’est de la fraternité, de la compassion, de l’amour

Dans ces textes, il est question de la lèpre, cette maladie qui existe encore malheureusement, qui est contagieuse et qui donne aux lépreux la place de parias, d’exclus. Ils sont non seulement touchés dans leur chair, mais en plus, ils sont exclus de la société. On faisait aussi le lien entre leur mal et le péché, un peu comme une punition divine. Jésus se laisse approcher par le lépreux qui le supplie. Il va même le toucher pour le guérir. Il est saisi de compassion, ou pris de pitié. Jésus a mal lorsque nous souffrons et il va non seulement guérir cet homme de sa lèpre mais le purifier. C’est tout son corps, tout son être qui est purifié, et Jésus lui demande d’aller se montrer au prêtre pour que sa réhabilitation soit complète. Or le lépreux ne va pas y aller et il va faire à Jésus une publicité qu’il ne souhaitait pas, de telle sorte que Jésus ne peut plus aller ouvertement dans les villes, et c’est lui qui reste à l’écart, dans des endroits déserts. Il n’a pas attrapé la maladie de la lèpre en touchant le lépreux, mais il anticipe sa condition de paria, lui qui sera condamné par les chefs du peuple lors de sa Passion, crucifié hors de la ville.
Nous pouvons nous demander quelles sont les lèpres d’aujourd’hui et qui sont les lépreux ? Ceux qu’on ne veut pas voir, qu’on laisse à l’écart. Est-ce que ce sont les personnes âgées dans les maisons de retraite ? Est-ce que ce sont ceux qui n’ont pas de toit et qui doivent se cacher pour trouver un abri ? Ou encore ceux qui n’ont pas de papiers, les migrants, les réfugiés ? Il y a aussi ceux qui recherchent un emploi, qui connaissent la lèpre du chômage. Dans l’Eglise aussi, certains ne se sentent pas autorisés à communier et voient cela comme une exclusion. Mais il y a aussi dans l’Eglise et dans la société toutes ces mains tendues, tous ceux qui se risquent, qui s’exposent pour marquer leur fraternité envers ceux qui sont seuls. Le Service de l’Evangile auprès des personnes Malades est un bel exemple de compassion. Et nous avons tous nos accès de compassion et nos mains tendues, que ce soit autour de nous, dans la communauté ou le monde associatif.
Dans cet évangile, on voit que la lèpre est le symptôme d’un mal plus profond. Et Jésus va purifier tout le corps de l’homme qui vient vers lui. Les lèpres d’aujourd’hui de l’exclusion ou de la maladie révèlent le mal de l’individualisme, de l’indifférence, du matérialisme et aussi de la vie sans Dieu. Est-ce que Dieu n’est pas exclu encore aujourd’hui de notre monde comme Jésus l’a été de son temps ? Jésus nous introduit dans son Royaume par la porte de sa croix, par sa compassion, par sa vie donnée, par son pardon. St Paul nous dit, dans la lettre que nous avons entendue, d’imiter le Christ comme lui-même l’a imité. Par rapport aux lèpres d’aujourd’hui, aux exclusions, il y a sûrement des solutions sociales, de la solidarité. Mais ce qui compte avant tout, c’est de la fraternité, de la compassion, de l’amour. Demandons à St Paul de nous aider à imiter le Christ, à le suivre et à avoir la même passion du Christ pour les hommes, les femmes, les enfants d’aujourd’hui les plus touchés dans leur chair ou dans leur cœur, et d’être les témoins du Royaume de l’amour et de la joie.

Père Jean-Christophe Cabanis
Lévitique 13,1-2.44-46. ; Psaume 32(31),1-2.5.11. ; 1Corinthiens 10,31-33.11,1. ; Marc 1,40-45.

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