Paroisse Colomiers

Trouver dans sa vie le ruisseau d’eau vive...

J’aime bien l’image de l’arbre planté au bord d’un ruisseau qui peut faire pousser des racines, qui donne un beau feuillage et de bons fruits. Cette image est reprise deux fois dans les textes d’aujourd’hui. D’abord dans le livre du prophète Jérémie, et ensuite dans le psaume. Même lorsqu’il y a la sècheresse, le feuillage reste vert. L’image veut parler de ceux qui ont foi dans le Seigneur, qui écoutent sa parole. Le résultat est que ces hommes et ces femmes portent du fruit et qu’ils sont heureux. Il y a donc là un des secrets du bonheur. Trouver dans sa vie le ruisseau d’eau vive dont il ne faut pas s’éloigner. Jésus dira à la Samaritaine qu’il est lui-même l’eau vive, que lorsqu’on boit de son eau, on n’a plus jamais soif. Et le dialogue que Jésus aura avec cette femme samaritaine la rendra heureuse. La rencontre avec Jésus et sa proximité, c’est cela qui nous rend heureux et nous aide à porter des fruits.

Le bonheur, c’est le sujet de l’évangile, avec en contre partie le malheur. Jésus veut encourager ceux qui sont pauvres matériellement, ceux qui pleurent, ceux qui sont dans la souffrance. Jésus ne veut pas exalter la souffrance, mais il veut rassurer. Dieu voit dans le cœur des hommes, ses enfants il ne les abandonne pas, il est le consolateur, il promet la joie après la tristesse, il promet d’être rassasiés à ceux qui ont faim. Par contre, Jésus prévient que les riches, ceux qui sont repus, ceux qui n’ont plus de place dans leur cœur, ceux-là ne sont pas heureux au fond d’eux-mêmes. Parce que le bonheur, il provient du cœur, il n’est pas dans l’avoir et dans le pouvoir, mais dans la capacité d’aimer. Et pour pouvoir aimer, il faut se sentir aimé, il faut laisser la place dans son cœur à l’amour de Dieu.

St Luc fait référence aux riches et aux pauvres, mais aussi aux prophètes et aux faux prophètes. Ceux dont la vie est donnée à Dieu, qui annoncent la Parole de Dieu à temps et à contre temps, ceux-là ne sont pas toujours bien reçus et sont souvent persécutés. Pourtant, ils sont heureux au fond d’eux-mêmes de se savoir proches du Seigneur, d’être des serviteurs de sa parole, d’œuvrer en son nom pour la justice et la vérité. Nous sommes tous des prophètes de par notre baptême. Nous ne sommes pas toujours compris lorsque nous avançons les valeurs du pardon, de la gratuité, de la défense de la justice et de la vérité, mais nous serions malheureux si notre vie se faisait à côté de nos convictions. Alors que nous sommes heureux des combats que nous menons au nom de notre foi, par exemple la solidarité avec les migrants, qui est de l’ordre prophétique aujourd’hui.

St Paul était une grand missionnaire et un grand prophète. Dans la lettre d’aujourd’hui, il résume la prophétie principale, c’est que le Christ est ressuscité et que nous sommes promis à la résurrection à sa suite. La prophétie, c’est que la vie l’emporte sur la mort, c’est que l’amour l’emporte sur le péché. La prophétie, c’est d’annoncer qu’il y a une perspective, qu’il y a le Royaume de Dieu, que les limites de notre vie humaine sont repoussées dans l’éternité de Dieu. La prophétie, c’est d’annoncer un bonheur éternel, que ce bonheur commence dès ici-bas lorsque nous participons au bonheur des autres.

Essayons de chercher quel est le ruisseau d’eau vive qui, dans nos vies, nous permet d’être heureux. Essayons aussi que notre Eglise, que nous formons tous, soit ce ruisseau d’eau vive de Dieu que le Christ veut pour irriguer le monde, pour lui faire porter des fruits comme la paix, la fraternité.

Père Jean-Christophe Cabanis

Merci à l'auteur de cette image

 

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