Je ne vous laisserai pas orphelins : dit Jésus

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Cette première lecture des Actes des Apôtres est un bel exemple missionnaire. Philippe vient d’être choisi pour être diacre, avec 6 autres, et leur rôle principal, un rôle plutôt matériel, est d’être au service de la communauté. Or cette communauté de Jérusalem commence à être persécutée et elle se disperse. Mais cette dispersion n’est pas une fuite ou un abandon, elle permet l’annonce de l’évangile et de Jésus ressuscité plus loin. Philippe a été choisi pour une fonction, mais finalement il se révèle être un grand témoin de Jésus vivant et il agit en son nom puisqu’il est capable de guérisons et de faire du bien de la même façon que Jésus. Ce qui est intéressant, c’est que le premier lieu missionnaire de l’Eglise, c’est la Samarie. On sait l’antagonisme qu’il y avait entre Juifs et Samaritains, leur grande hostilité. Jésus avait voulu désamorcer cette inimitié en mettant en valeur la Samaritaine qu’il a rencontrée et le Bon Samaritain. Et là, lorsque Philippe vient les visiter, ils se montrent très ouverts, très accueillants et fraternels. Fraternels aussi avec Pierre et Jean lorsqu’ils viennent rejoindre Philippe. Cela nous invite à nous méfier des a priori, des préjugés. Aujourd’hui, quels sont les lieux qui nous font peur, où l’évangile n’est pas annoncé ? Quels sont ceux qui croient autrement que nous aujourd’hui et que l’on pourrait ignorer ? Pensons aux protestants, évangéliques et aux efforts dans le sens de l’œcuménisme. Pensons aussi aux musulmans et à toutes les initiatives dans le sens de l’interreligieux. Pensons au grand nombre de nos contemporains qui se disent agnostiques, loin de toute croyance. N’y a-t-il pas un champ missionnaire qui nous attend, le monde d’aujourd’hui avec ses souffrances, ses inquiétudes, ses recherches de sens, sa soif de fraternité ?

Pierre et Jean ont imposé les mains aux Samaritains pour qu’ils reçoivent l’Esprit-Saint. Il n’y a pas qu’une aide fraternelle qui est portée dans l’élan missionnaire. Il y a le partage de ce qui nous dépasse, l’Esprit-Saint qui est la marque de Dieu au plus profond de nous-mêmes. C’est le grand cadeau que nous fait Jésus dont il parle dans l’évangile d’aujourd’hui : « Je ne vous laisserai pas orphelins » dit-il. Il promet l’envoi de celui qu’il appelle de Paraclet ou le Défenseur. Nous croyons en un Dieu qui nous défend, qui vient au fond de nous-mêmes pour défendre notre dignité. Il ne nous accuse pas, il n’est pas là pour nous diviser mais pour nous unifier, pour nous apporter la paix, pour défendre notre dignité d’enfants de Dieu. C’est aussi l’Esprit de Vérité qui vient nous éclairer. C’est à nous d’approfondir cette vérité d’un Dieu qui nous aime et qui veut nous sauver. Cette vérité que le monde attend. Encore une fois, nous sommes attendus comme missionnaires. Missionnaires de la vérité dans un monde qui peut se tromper de vérité, qui peut se fourvoyer dans la recherche de l’argent ou d’un bonheur superficiel. Un monde qui n’a pas besoin d’être accusé mais d’être défendu.

Etre missionnaire, c’est témoigner du Christ qui nous habite, avec douceur et respect comme le dit St Pierre. Et parfois dans la souffrance… C’est aussi arriver à reconnaître le Christ là où il nous précède. C’est valoriser toutes les personnes que nous rencontrons, voir en elles leurs richesses avant leurs défauts, et voir avant tout en elles des frères et sœurs à aimer.

Père Jean-Christophe Cabanis
Livre des Actes des Apôtres 8,5-8.14-17 ; Psaume 66(65),1-3a.4-5.6-7a.16.20. ; Première lettre de saint Pierre Apôtre 3,15-18. ; Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,15-21.
image http://slideplayer.fr/2291758/8/images/30/Je+ne+vous+laisserai+pas+orphelins%2C+je+viendrai+%C3%A0+vous..jpg

Publié dans Mots du curé, Dimanche

Commenter cet article